The Associated Press P.K. Subban

L’actualité n’est jamais en manque de nouvelles ou ne l’est que très rarement. Fraîches, usées, incongrues ou banales. Reste que
l’inspiration m’était difficile.

– Hé boss, je devrais parler de quoi, demain?
– De ce que tu veux.
– Oui, mais qu’est-ce que je veux?
– Tu ne sais pas ce que tu veux?
– L’histoire de ma vie.
– Pourquoi ne reviens-tu pas sur l’élection de GND? Le PQ?
– J’en ai marre. Et quand moi, je suis gazé de parler de ça, imagine les lecteurs… Marxisto-nostalgique et islamo-fétichiste, QS? Crypto-raciste et identitairement-névrosé, le PQ?* Ça va, c’est bon. On a compris (ou pas, justement).
– Parle de hockey, d’abord!
– Sérieux?
– Oui.
– [….]**

•••

Me souviens, comme tout le monde ou presque, l’émoi qu’avait provoqué, à quasi pareille date l’an dernier, l’échange Subban-Weber. Spectaculaire, litigieux, polémique. Commotion sur les réseaux sociaux. Le flamboyant défenseur honni par les uns mais surtout adoré par les autres, allait contribuer à faire mousser la popularité de son sport dans le sud des États-Unis. En retour, le Canadien obtenait un leader hors pair (tout juste récipiendaire du trophée Mark Messier), un défenseur plus complet, un lance-fusées pour bâton. En prime, une attitude des plus effacées, pur contraste avec la personnalité de feu du numéro 76. Davantage conforme aux standards habituels.

J’étais de ceux qui, à l’époque, avaient défendu l’échange en question. Parce que les critiques acerbes sous-estimaient, à mon sens, la valeur de Weber. Parce que P.K. est émotif, prend de la place, dérange, parle fort. Une propension au spectacle, sur et hors glace, pouvant facilement distraire de l’essentiel : gagner. Particulièrement en comparaison du style Weber, plate comme la pluie et aussi expressif qu’une canette de Canada Dry (celle qui me regarde attentivement en ce moment, par exemple).

Bien sûr, certains plaidaient, et avec raison, que Subban était quelque peu plus jeune (27 ans contre 30) et que son contrat, bien que plus onéreux (9 M$ contre 7,8 M$), se terminerait plus rapidement (2022 contre 2026), mais j’étais d’avis que le jeu en valait la chandelle.
Même si Weber aura eu une saison à la hauteur des attentes, plus sûr, maintenant. Et cela n’a rien à voir, ou presque, avec le fait que P.K. soit actuellement en finale alors que Shea, pour sa part, est en train de vider une caisse de Canadian dans une chaloupe de sa Colombie-Britannique natale.

Plutôt parce que le vide P.K. se fait sentir, le 76 étant le tributaire d’une vertu exceptionnelle : la passion. Un amour inconditionnel envers son sport, ses fans. Un refus opiniâtre d’être platement plate. Une dévotion sincère et désintéressée. Une générosité hors normes.

Dans une société où la sécheresse passionnelle fait apparemment son œuvre, où tout semble beige et amorphe, le symbole du P.K. résonne bien au-delà de la game…

* Expressions émanant de la plume de mon amie Rachel Chagnon, qui s’est vu promettre les droits d’auteur et le (fort généreux) cachet afférent…
** J’attends impatiemment ce moment depuis, au moins, le départ des Expos.

Aussi dans In Libro Veritas :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!