Et puis, le débat sur les milléniaux? Paresseux ou pas? Trop chill ou pas assez? Et combien de jours passés là-dessus? Quatre ou cinq? Quand même, hein!

Un autre truc majeur s’est produit simultanément. Obama, certes. Mais autre chose. Rien en tête?

Pas de blâme. Nous sommes, évidemment, le produit de notre époque. Celle-ci étant essentiellement construite sur le socle de l’information, rien de surprenant à ce que le quasi-ensemble des priorités sociétales résulte du tri médiatique.

Par définition éloignées des grands centres, les régions passent ainsi, sur le plan de la nouvelle, en dernier. Quand elles passent.
La résultante? Un cercle vicieux. Les gens ne parlent pas de telle nouvelle du fait du silence médiatique et les médias ignorent ces mêmes nouvelles au motif que celles-ci… n’intéressent personne.

Ainsi, puisque personne, à part les principaux intéressés, ne s’intéresse à la nouvelle, pourquoi les politiciens «nationaux» y prêteraient-ils la moindre attention?

***

Fait rarissime, une nouvelle régionale a réussi à percer l’écran des médias nationaux. En provenance de mon patelin, Mont-Laurier. Un boycottage massif des produits Pepsi fait actuellement rage. Pourquoi? Parce que la direction de l’entreprise vient d’annoncer la fermeture de son centre de distribution locale.

Avec les jobs indirects, on parle d’environ 45 emplois. Insignifiant, vous dites-vous en ce moment. Appelons ça un réflexe bien montréalais. Parce que 45 jobs à Mont-Laurier, par ailleurs bien payés, équivalent à… 4 500 emplois à Montréal.

Cette décision de Pepsi, en d’autres circonstances, serait possiblement passée inaperçue. Mais pas aujourd’hui. Parce qu’on parle d’une petite région qui ne cesse d’encaisser, dernièrement, des coups durs.

Le secteur forestier, qui constitue 80% du PIB local, vient de voir ses emplois fondre à vue d’œil: de 1 800 emplois à 1 200,
soit le tiers des jobs.

Quoi d’autre? Coupe de 33 postes de cadres au Centre intégré de santé et de services sociaux.

Déménagement de la pisciculture locale vers l’Estrie.

Refus du ministère de l’Agriculture de remplacer les départs à la retraite (allô la protection de l’environnement, principale ressource de la région).

Diminution de 40% du budget du Centre local de développement (idéal pour développer).

La plus ironique: la mise à pied de 60% des effectifs au…Centre local d’emploi (au moins, ils écrivent «emploi» au singulier).
Morale de l’histoire? Que les gens des régions, celle de Mont-Laurier comme plusieurs autres, en ont royalement marre. Du mépris des entreprises privées, oui, mais aussi et surtout de l’insensibilité des gouvernements fédéral et provincial face à leur situation.

Pensez-vous, par exemple, que ceux-ci demeureraient indifférents si 4 500 emplois étaient coupés sauvagement à Montréal? Pas sûr.

Pour être demeuré étroitement en contact avec mon patelin, notamment par l’entremise de chroniques régulières à sa radio et à son hebdo, je peux certifier que celui-ci ne se laissera pas abattre. Que les Pagé, Adrien, Bell, Lacasse, Forget, Tremblay et combien d’autres continueront, de façon opiniâtre, le combat. Jusqu’à ce que leur cri du cœur soit entendu. À Mont­réal. À Québec. À Ottawa.

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