Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

Ce qu’on peut entendre ou lire, parfois. La crise des réfugiés illégaux haïtiens, nous balancent maints médias. Une crise. Des réfugiés. Illégaux, par surcroît. Ah bon. Un été tranquille, faut croire…

Certains ont la crise assez facile, avouons-le. Vous vous souvenez de celle des «algues bleues», il y a de ça quelques années? Une société quasi-paralysée par ses… algues bleues. Ben coudonc. Ces dernières seraient maintenant, si j’ai bien compris, remplacées par des «réfugiés» haïtiens lesquels, à lire un ou l’autre, auront vite fait de siphonner l’ensemble du budget québécois afférent au bien-être collectif. Sous peu, et par la seule faute de ces satanés illégaux, nos vieux mangeront des patates en poudre et auront droit à un seul bain par semaine.

Parce que c’est le classique, non? Dès qu’il est question d’immigration, revient invariablement le grief suivant: mais pourquoi ne pas s’occuper de nous autres, avant? Réponses au grief: 1) Le Québec ne peut survivre, à court ou à long terme, sans immigration. Pure mathématique; 2) Bien d’accord pour «s’occuper de nous autres». Et qu’attend-t-on, au fait? Ce sont vraiment les deux milles quelques Haïtiens fraîchement débarqués qui nous ont empêché, toutes ces années, de «s’occuper de notre monde»? Vous me dites ça sans rire? Si vous voulez mon avis, ça ressemble beaucoup à une excuse à la sauce xénophobe. Pas joli. Pas joli du tout.

Autre chose, davantage importante: l’utilisation du terme «réfugiés illégaux». Faut vraiment rien connaître au droit de l’immigration pour dire des trucs du genre. On parle, ou devrait plutôt parler, de demandeurs d’asile. Dans le sens de «je demande l’asile». Dans le sens où je suis dans le trouble. Dans le sens où un processus est dûment prévu par le droit applicable. Dans le sens de «tu fais ta demande, et nous jugerons». Dans le sens qu’il n’y a rien de garanti. Dans le sens où il est possible, voire probable dans certains cas, que ta demande soit rejetée. Comme dans environ 35-40% des cas, par ailleurs. Et si la demande est acceptée? Tu obtiens le statut de réfugié, encore loin de celui de citoyen canadien, il va sans dire. Et si elle est refusée? On t’expulse du pays, et ce, malgré le temps, l’énergie et l’argent investis.

Où je veux en venir, avec tout celà? Qu’au contraire de ce qu’avance le chef caquiste François Legault et autres chroniqueurs, personne n’est «illégal». Qu’il est possible de rentrer au pays de manière irrégulière sans que ceci se fasse de manière contraire au droit. Que ce même droit établit les paramètres afférents au processus en place. Que les demandeurs d’asile, sauf preuve du contraire, respectent ce dernier. Que ce qui devrait être illégal, au fond, ce sont plutôt les commentaires populistes de politiciens l’étant tout autant.

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