Paul Chiasson/La Presse canadienne L'escouade anti-émeute durant le sommet du G7

Débat à Denis Lévesque, mardi dernier, où un ancien policier de la SQ, bien au courant de l’affaire, nous apprend la chose suivante: plus de 8000 policiers sont dépêchés aux fins des manifestations anti-G7. La face me tombe. 8000?!?!? Pour un gars de Mont-Laurier, on parle d’une ville au complet déguisée en flics…

– Mais vous attendez combien de manifestants, au fait, pour sortir un arsenal du genre?

– Aucune idée, de répondre le policier.

Hein? Sur les 8000, il n’y a pas un bougre qui a une idée? Parce que tsé, et je dis ça de même, mais ils ont inventé un truc super, aujourd’hui, pour vérifier la portée d’une manif. On appelle ça un événement Facebook. Un néo-véhicule venu métamorphoser, souvent pour le mieux, le modus operandi desdites manifs. Pensez-vous par exemple que le printemps arabe, socle de nouveaux paradigmes révolutionnaire, aurait eu le même impact en l’absence de médias sociaux? Quid les manifestations de 2012, ici même au Québec?

– Aucune idée du nombre de manifestants, de répliquer, de nouveau, le policier en question. Ce que l’on sait toutefois, d’ajouter ce dernier, c’est l’absence de signes de casses importantes.

– Alors pourquoi autant de flics, autant de bébelles visant à faire craindre?

– Parce que si on ne fait rien, on sera critiqués. Damn if you do, damn if you don’t

***

Ces paroles en tête, je décidais d’aller constater par moi-même l’étendue de l’affaire.

Des flics à tous les coins de rue. Des bus bourré(e)s (à Québec, faut apparemment dire la busssse) de simili-militaires. Des Plaines d’Abraham protégées par des hordes d’anti-émeutes (craignant manifestement le retour de Montcalm et son armée). Des défilés de goons tapochant sur leur bouclier. Le bruit des bottes. Des armes offensives, autrement illégales, plein les mains. Des voitures-béliers, idéales pour y insérer des surprises de type cheval de Troie.

Bref, ça va faire boum. En fait, c’aurait fait boum. S’il y avait eu…des manifestants. Maudite affaire. Parce qu’on pouvait voir dans les yeux des soldats de plomb l’envie d’en découdre, enfin, avec de dangereux révolutionnaires à la sauce Che Guevara du quartier Hochelaga. Rendre finalement utiles tous ces exercices à tapocher sur épouvantail. Exulter, pour une fois, toutes ces frustrations vécues dans la cour d’école. Varger à leur tour, cette fois au nom de l’ordre établi.

– Y a pas de manifestant, boss, faque on fait quoi?

– Hummm…Faites du bruit avec vos boucliers, un peu comme on appelle les chèvres. Avec un peu de chance, y vont finir par se pointer…pis à go, vous rentrez dans le tas.

– Ok boss.

[15 minutes après]

– Boss, y a rien à faire, y viennent pas…!

– Hey taboire. Ben entassez-vous dans la busssse, on va se promener en ville avec des sirènes dans le tapis. Y viendront peut-être pas plus, mais au moins, on va prouver aux bonnes gens qu’on est là pour les défendre.

– Ok boss.

[15 minutes de busssse plus tard]

– Boss, y a pas personne en ville, pas un chat dans les restos.

– C’est sûr, ti-clin, le premier ministre Couillard leur a dit de pas sortir dans les rues, que c’était dangereux. Y a même fermé l’Assemblée nationale pendant deux jours!! Ah ah!!

– Je comprends, mais on sert à quoi nous autres d’abord?

– À assurer la loi et l’ordre, qu’est-ce tu penses…

– Ok boss. Mais y parait que Fred Dubé pis sa gang de pas-propres font un show pour rire de nous autres, à soir. On pourrait peut-être aller les écoeurer, non? Ça serait ça de pris…

– Nononon. Vise plutôt à perquisitionner la tête d’Anarcho-Panda. La dernière fois, ça avait marché fort…

– Ok boss…

***

Morale de l’histoire? Crier au loup présente, contrairement à la fable, son lot de succès. Idem sur le fait d’assimiler manifestants et casseurs. Idéal, on en conviendra, pour attirer l’attention ailleurs à ce qui importe. Un G7 contre lequel il serait bien légitime, me semble, de s’interroger. Pour une tonne de raisons. Par exemple celle d’une planète en déroute et d’un gouvernement canadien, de gauche auto-proclamé, qui se paie en mauvaise et indue forme une pipeline d’envergure.

L’adage, déjà? Ah oui: quand le sage pointe la lune, l’idiot regarde le doigt…

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