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Oui, je sais, exactement même sujet que celui de ma dernière chronique. Et habituez-vous. C’est juste le début. Parce qu’arrive un moment où la sinistre impression de se faire rire en pleine face prend le dessus. Où l’indécence devient une politique de l’entreprise gouvernementale. Où l’engourdissement collectif devient gênant.

Une (autre) preuve? Le 1er août, première journée où l’humanité vivait à crédit, et ce, jusqu’à la fin de l’année, le gouvernement fédéral annonçait un assouplissement des règles sur la tarification du carbone pour les industries ultra-énergivores.

«Monsieur le premier ministre?
– Oui?
– Il y a des représentants de l’industrie (de la pollution) qui se plaignent de la concurrence internationale.
– Pas sérieux?
– Ils demandent un réajustement (à la baisse, bien entendu), des seuils d’émissions de carbone.
– Hum. Mais nos engagements en matière environnementale? Paris? Le vote progressiste?
– Bah. Qui a gueulé, au fond, lors de l’achat de votre pipeline, monsieur le PM? Les poilus classiques, et c’est tout. L’électorat s’en fiche, vous savez bien. À l’inverse, cela nous rendra sympas aux yeux de plusieurs, notamment en Ontario, merci à Doug. Pas trop le choix de suivre la parade.
– Bon. On l’annoncerait quand?
– Maintenant. L’électeur est dans sa piscine, Daiquiri aux bananes à la main.
Meilleur moment.
– Adjugé. Et dites-moi, ma prochaine séance de selfies en nature, c’est quand, déjà?»

***

Quelques jours plus tard, on apprenait que, contrairement à ce qu’avait publiquement affirmé, et à maintes reprises, son ministre Moreau, le gouvernement québécois vient, évidemment en catimini, de libérer la voie aux forages gaziers et pétroliers à même les cours d’eau du Québec. Au point où un projet de règlement encadrant ce type d’exploration serait présentement au four.

Histoire de m’assurer que vous avez bien lu, permettez-moi l’usage, une fois n’est pas coutume, de majuscules:
FORER DANS DES COURS D’EAU À DES FINS D’EXPLOITATION GAZIÈRE ET PÉTROLIÈRE.

Ça va? C’est bon? Toujours aucune réaction? Parce que l’environnement, c’est important, bien entendu, mais que ses enjeux nous dépassent d’une tête, n’est-ce pas? Parce qu’on a l’habitude des politiciens menteurs, de leurs petites entourloupettes? Parce qu’au fond, l’économie aussi importe, non? Parce qu’on veut bien protéger la nature, mais pas au risque de perdre des jobs, non? Parce que le Plan vert de Stéphane Dion était une sacrée belle idée, jusqu’à tant qu’on comprenne que le prix à la pompe augmenterait manifestement, hein?

Vous savez quoi? J’ai envie d’être dur, mais réaliste, avec nous: si la planète (ou plutôt l’humanité) s’en va actuellement chez le diable, la responsabilité, voire la faute, nous incombe.

Ouais. Parce qu’on tolère ce genre de tricheries, de mensonges et d’indolences chez nos gouvernements. Parce qu’on s’évite d’en faire un enjeu primordial, trop occupés à se vautrer dans un confort à la con, à s’acheter un climatiseur, alors que la planète est en train de bouillir. Parce que c’est ben le fun, le compost, les BIXI et la bouffe bio, mais rien ne suffira en l’absence de politiques macros. Parce qu’on regarde le doigt, comme des idiots, alors que les sages, soit les scientifiques, pointent la lune.

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