Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

Probablement du fait d’une campagne soporifique à souhait, nos médias, chose d’ailleurs normale, se cherchent un brin de croustillant à offrir au public.

Mauvais timing pour Gertrude Bourdon, devenue ainsi la tête de Turc de plusieurs, lesquels semblent en faire leur pain et leur beurre.

Le crime de Bourdon? Avoir, de son propre aveu, magasiné auprès de la CAQ avant d’acheter PLQ. Méprisable, comme comportement? En un sens, oui. Parce que ceci démontre le caractère apparemment interchangeable des convictions de nos candidats, si une telle chose existe d’ailleurs encore.

Il faut dire aussi que la principale intéressée n’aide pas à faire cesser l’opération cassage de sucre à son endroit, multipliant les déclarations malhabiles ou encore légèrement débiles. La dernière? Qu’elle savait que son entrée en politique allait marquer l’histoire. Hipelaye. Disons qu’on ne se retrouve pas dans le rayon de la queue de cerise, ici.

Reste néanmoins que certains trucs m’achalent dans le présent acharnement médiatique.

D’abord, parce que les positions caquistes et libérales, bien que distinctes à maints niveaux, ne sont pas non plus parfaitement éloignées sur l’échiquier politique traditionnel.

Nonobstant la qualité et compétence des équipes et leadership en place, on parle de deux partis de centre-droite (bien que les libéraux tendent à se rapprocher du centre depuis environ 18 mois), lesquels sont également, depuis la profession de foi caquiste, apparemment fédéralistes. Alors pour le reste, soyons honnêtes, les distinctions se retrouvent davantage sur le plan des approches de gestion que sur autre chose.

Ensuite, Bourdon ne vient certainement pas de créer ici, à elle seule, une nouvelle tendance. Vous voulez vraiment que l’on dresse la liste des transfuges et autres magasineux des dernières années?

Il vient de quel parti, Legault, originairement? Et Barrette, Blais, Proulx et Anglade? Et Paul St-Pierre Plamondon, orphelin politique refusant auprès d’un journaliste du Devoir l’étiquette de nationaliste et se présentant, quelques semaines plus tard, à la chefferie du…PQ? Et Marissal, lui? Courtiser à fond la caisse le Parti libéral de Justin Trudeau afin d’obtenir les comtés de St-Laurent et Outremont, pour ensuite s’auto-déclarer indépendantiste de gauche convaincu? Sérieux…

Réécoutons ce moment d’anthologie au micro de l’émission de radio Daybreak à CBC.

Est-il légitime de critiquer la propension de Gertrude aux emplettes? Évidemment. Mais de grâce, il serait bon de se rappeler qu’elle constitue le produit de son époque, et non une leader dans le genre.

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