Pour ceux qui doutent de l’influence que peuvent avoir les canulars web sur la «vraie vie», l’inspecteur viral vous suggère de continuer à lire.

Depuis quelque temps en Amérique du Nord, on assiste à un sorte de mode de mauvais goût qui affecte presqu’exclusivement les journalistes féminines de la télévision. De brillants spécimens de la race humaine semblent tous avoir eu la même idée à peu près en même temps: il serait si drôle d’aller crier «Fu** her right in the p****» (Fou***-la dans sa cha*** – désolé pour le langage graphique, mais on doit bien comprendre ce dont on parle) à une journaliste lorsqu’elle fait un topo en direct à la télévision.

Ah! Hahaha! Que c’est drôle! (Laissez l’inspecteur sortir son étampe «Faux»!)

Le phénomène est si répandu que des journalistes ont commencé à répliquer. La journaliste Shauna Hunt s’est faite piéger la semaine dernière, alors qu’elle faisait une entrevue lors d’un match du club de soccer FC Toronto. Un homme passe et lance la phrase dans le micro. (En passant, son employeur serait sur le point de le remercier, selon la CBC) La journaliste confronte ses amis, qui attendaient tout près pour le voir exécuter ladite «blague». Elle démolit l’un d’entre eux. En ondes, en direct.

C’est de toute beauté.

«Je suis tannée, on me le fait une dizaine de fois par jour. C’est dégueulasse et c’est dégradant pour les femmes», lui lance-t-elle quand il se défend.

Vous doutez encore que ce soit un problème?

L’année dernière, deux collègues de la CBC à Montréal ont décidé de témoigner de ce que cette «blague» leur fait vivre. Morgan Dunlop et Tanya Birkbeck ont toutes deux expliqué pourquoi cette «blague», maintenant connue sous le nom #FHRITP, est sexiste, misogyne et et pourquoi les petits comiques doivent arrêter de la répéter. «Est-ce que tu crierais « Fou***-la dans sa cha*** » en public à ta mère, à ta soeur ou à ta fille?» demandait Mme Birbeck.

Heureusement, l’opinion publique a commencé à basculer contre cette pratique. La police de Kingston a même laissé sous-entendre mardi que ceux qui crient la phrase en question à des journalistes pourraient s’exposer à des accusations.

Bon. Vous devinez sûrement qu’une idée du genre ne se matérialise pas simultanément à plusieurs endroits. Il y a un élément déclencheur. Et cet élément déclencheur, c’est ceci:

On voit un soi-disant journaliste qui parle à son caméraman alors qu’il croit ne pas être en ondes. Il lance la fameuse phrase, la présentatrice de nouvelles semble choquée. C’est ce que tentent d’imiter nos petits comiques lorsqu’ils apostrophent les journalistes en ondes.

Or, la vidéo est un canular. L’homme qui l’a créée, John Cain, l’a confirmé à CBC l’année dernière. Il a même décidé d’en faire une «carrière» (bravo, le champion), avec plusieurs vidéos du genre mettant en vedette un homme qui interrompt une journaliste en direct, en criant FHRITP. M. Cain a même créé une chaîne YouTube intitulée – non, l’inspecteur viral n’invente rien – «The Real FHRITP» (le FHRITP véritable).

Interviewé par la CBC, le créateur a affirmé que sa farce n’était pas sexiste et qu’il ne pensait pas que sa vidéo allait devenir aussi populaire. Il a ajouté: «J’aime les femmes et je les FHRITP toutes si elles le voulaient.»

Il a dit ça à une journaliste.

Est-ce que quelqu’un peut contacter sa mère?

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