Capture d'écran Célibataires et nus Québec

J’hésitais entre un retour sur l’année 2016 avec mes séries favorites, mes coups de coeur et mes coups de masse de l’année – mais le format est plutôt ennuyant. On fait ça toute l’année dire ce que l’on aime et ce que l’on aime moins.

C’est redondant.

Quand je revisitais l’année télé 2016 et les grands moments, un titre revenait sans cesse malgré tout : Célibataires et nus Québec.

J’ai profité du marathon de rediffusions du temps des fêtes pour me refaire une tête sur cette nouveauté qui a fait jaser et je dois l’admettre, le petit phénomène de MusiquePlus encapsule merveilleusement bien notre année au Québec.

Visuellement, c’est la démonstration du malaise et du décalage évident entre certaines couches de la population, entre Montréal et la région et, à la limite, entre la gauche et la droite.

Parce qu’il y a deux écoles devant Célibataires et nus : ceux qui apprécient le courage et l’audace des candidats et les autres qui regardent le tout pour se moquer de la grande sagesse des participants en quête de «gros tétons» et d’authenticité.

N’ayons pas peur d’appeler un chat un chat, Célibataires et nus Québec n’a jamais eu la prétention de rassembler la province, de rechercher l’amour véritable comme les agriculteurs de V ou de jouer le jeu de la séduction payante comme les participants d’Occupation double à l’époque. Célibataires et nus, c’est du divertissement à son état brut, ça nourrit notre envie de voir des gens nus et ça alimente notre tendance à ricaner nerveusement devant une paire de fesses.

On le fait depuis notre primaire comme en témoigne ma fille qui croule de rire dès qu’elle dit le mot «caca».

Mettre le tout à l’écran est donc une chose naturelle, voire même une chose souhaitable.

Qui plus est, la série nous a donné des aspirantes vedettes comme Charlotte Poitras qui a utilisé ce levier pour se propulser sur le web et dans d’autres productions de télé-réalité. Comment la blâmer quand elle voit le chemin parcouru par des vedettes comme Maripier Morin et Mathieu Baron depuis leur passage devant les caméras d’une télé-réalité.

Il y a un précédent ici – enflamme l’écran lors d’une télé-réalité et tu peux devenir une personnalité du petit écran par la suite. La nudité, ici, est une anecdote de plus à ajouter au CV.

Donc, avec une petite dose de quête de célébrité, une dose d’autodérision, plusieurs participants qui sont là en raison d’un «té pas game» lancé entre deux bières et d’autres en quête de sensations fortes, nous avons le Québec résumé avec les mamelons au vent dans un chalet majestueux.

Avec les tribunes haineuses, la radio hermétique et la montée des voix dissidentes et des «social justice warrior», le Québec est de moins en moins un tout uni et le web, malheureusement, est souvent utilisé pour creuser ce fossé que l’on résume maladroitement comme étant la gauche contre la droite.

Mais c’est plus que ça, c’est un malaise profond, une onde de choc entre les mentalités qui fait sauter le couvercle de la marmite. En évacuant tous les enjeux sociaux et les sujets chauds, Célibataires et nus trouve quand même le moyen d’être au centre d’une discorde.

La bêtise des uns alimente le cynisme des autres et le mépris se pointe souvent pour accompagner la bêtise.

Difficile de ne pas être amèrement cynique après cette année 2016 et je crois qu’élever Célibataires et nus en exemple est une belle démonstration de mon désabusement – comme je suis impuissant devant l’étroitesse d’esprit d’une masse critique, je me tourne vers la nudité pour au moins me divertir sans être martelé par la haine et l’intolérance d’un Québec qui prend de moins en moins le temps de s’écouter parler.

#FreeTheNipple est un mouvement sérieux avec des revendications légitimes, mais je vous assure que Célibataires et nus n’en prend aucune en considération. Ici, on se déshabille à défaut d’avoir quelque chose d’autre à offrir et, honnêtement, ça ne peut pas être pire que ceux qui offrent justement trop leur opinion et leur façon de penser.

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