Historia / capture d'écran Le lot du diable

On va se le dire, lancer une télé-réalité où des participants se voient attribuer la tâche de défricher un lot de terre comme au temps des colons québécois, c’était une bonne idée.

Sur papier, le Lot du diable a tout pour plaire. Ça touche notre corde nostalgique, patriotique et ça met de l’avant les «bonnes valeurs québécoises» ainsi que de nombreux mythes fondateurs qui assurent la pérennité de notre folklore.

Tout était là, et pourtant, je suis incapable de vous dire que j’ai apprécié mon visionnement des trois premiers épisodes du Lot du diable, car il ne s’y passe absolument rien.

Pas un poil de travers, aucun sacre de colère, pas d’enjeux et surtout aucun suspense. C’est le calme plat dans le bois et les deux équipes de colons sont, pour l’instant, plus des Joyeux naufragés que des dignes descendants (ou imitations) de Survivor.

C’est franchement décevant.

Je voulais aimer ça et je croyais être intéressé par la distribution très originale de la série. Ça fait vraiment changement des participants habituels à ce genre de production et c’est rafraichissant, mais on n’embarque pas dans leur détresse simulée.

Après trois jours de travail au chalet, ils sont déjà en train de pleurer parce qu’ils sont loin de leur famille et parce qu’ils manquent de café et de cigarettes. Ce n’est pas sérieux, on voit les ficelles grosses comme le bras derrière de la production qui veut de l’émotion à tout prix. Parlant des ficelles maladroites, les costumes d’époques et l’interaction entre les participants et l’animateur, Louis Champagne, frôlent le ridicule digne d’une mauvaise production estivale d’un théâtre de camping.

Pourtant, il y a un gros prix à la fin de l’aventure, plus de 100 000$, mais on ne sent pas l’urgence. On ne comprend pas la difficulté des épreuves, comme construire un puits ou une cache pour la nourriture. On est trop occupé à nous montrer des plans avec des gens qui scient du bois, bûchent du bois, empilent du bois et négocient de la marchandise au magasin général.

C’est Survivor, mais la saison de trop au Village québécois d’antan.

Franchement à revoir si la production veut faire une deuxième saison. De grâce, ne vous contentez pas de vous s’asseoir sur les promesses d’un bon concept parce que dans sa forme actuelle, le Lot du diable est aussi périlleux qu’une carte postale et d’un ennui contagieux.

Ça se visionne en ligne sur le site d’Historia, pour les curieux.

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