TV5 Papa d'estrades

Cet été, la plateforme ICI Tou.tv a rapatrié quelques webséries afin de bonifier sa sélection et, dans le lot, quelques productions d’abord présentées sur le site de TV5 au cours des dernières années ont fait leur apparition du côté de Radio-Canada.

Chouette idée, vraiment, on redonne une deuxième vie à des petites productions qui auraient peut-être passé sous le radar.

Par exemple, la série de cinq épisodes de moins de cinq minutes Papa d’estrades n’avait pas du tout croisé mon regard avant tout récemment même si elle a été dévoilée en 2014.

Trois ans, sur le web, c’est une éternité. Je dois vous avouer que ça parait en visionnant la série.

La série est déjà vieille dans son traitement, même si le sujet pourrait toucher une corde sensible chez plusieurs familles. Michel est un père de famille à la maison qui suit ses cinq enfants dans leurs diverses activités sportives. Donc, tout y passe. Hockey, nage synchro, golf et arts martiaux. Michel est le papa impliqué et présent dans une tentative assez gauche de renverser le stéréotype en ayant une femme avec une carrière lucrative et un homme au foyer.

Ça peut faire sourire, un peu, mais ce n’est pas forcément habile ni même intéressant. Michel, le papa d’estrades, n’est pas à l’aise dans les disciplines plus «féminines» comme la nage synchro et, de son propre aveu, il n’est pas à l’aise avec les «froufrous et les autres patentes».

Il a aussi la mèche courte, il est un peu niais, vantard, obsédé par la performance et il parle le verbe du sportif qui utilise les clichés comme on utilise de la ponctuation. Pour le citer : «dans la société d’aujourd’hui, c’est les gagnants qui s’en sortent le mieux.»

Vous voyez le genre.

C’est dommage, parce que la réalité des parents qui suivent leurs enfants lors d’activités pourrait déboucher sur une observation intéressante de la cellule familiale québécoise. Au lieu de ça, nous avons un père dépassé par sa vie, comme tous les autres pères de notre petit écran, et des enfants qui gravitent autour sans trop ajouter à la substance.

Ceci dit, c’est bien d’encourager les productions d’ici en leur offrant une deuxième vie. Ça serait juste un peu plus plaisant si nos productions ne tombaient pas dans la facilité aussi souvent dès qu’un protagoniste masculin tente d’être drôle.

 

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