ICI Radio-Canada, Yan Turcotte Hubert et Fanny

L’auteur Richard Blaimert nous a donné, il y a quelques années déjà, l’une des séries les plus sensibles et touchantes de notre télévision en nous présentant Nouvelle adresse.

Pour sa nouveauté Hubert et Fanny, en ondes depuis mardi soir sur ICI Radio-Canada Télé, les attentes étaient inévitables avec la barre qu’il avait lui-même rehaussée. Autant pour le diffuseur que pour le public, une série avec sa signature ne pouvait qu’être prometteuse.

On se retrouve donc devant les premiers élans d’une histoire d’amour improbable entre Hubert, un tatoueur solitaire, et Fanny, une travailleuse sociale avec le cœur sur la main. Les deux se rencontrent dans des circonstances extrêmement atypiques, le braquage d’une banque, et on découvre rapidement un noyau familial très varié autour d’eux, incluant le conjoint de Fanny, sa sœur, son demi-frère et des parents écorchés du côté d’Hubert.

En confiant la réalisation à Mariloup Wolfe pour presque tous les épisodes, on s’assure une facture visuelle léchée, réfléchie et sensible pour ce récit qu’on nous promet riche et envoûtant.

Le problème, après trois épisodes, c’est que je vois surtout de belles promesses creuses avec cette proposition et un scénario particulièrement faible et éparpillé pour supporter cette rencontre improbable.

Mes attentes se sont vite transformées en réserves et j’ai peur que ça ne soit pas récupérable tant le fond et la forme ne sont pas au niveau qu’on espérait.

Commençons par Hubert et Fanny qui nous sont présentés tôt dans le premier épisode avec de longs segments doublés d’une narration à la première personne qui plaque les grands traits des deux protagonistes au rouleau. Ainsi, Hubert est farouche et ténébreux, tombeur de ses dames, mais sensible. Fanny, elle, est plutôt naïve et idéaliste, amoureuse et romantique, une belle fleur immaculée prête à s’ouvrir sur le monde.

Autour de ces deux clichés ambulants gravitent une collection de personnages inégaux et un récit freiné par ses prétentions. La plume de Blaimert, normalement touchante et sensible, est ici lourde et paresseuse et on ne s’éloigne pas des raccourcis pour élever tout ce beau monde.

J’aimerais vous dire qu’on fait de belles découvertes dans les rôles-titres avec Thomas Beaudoin et Mylène St-Sauveur, mais les dialogues qu’ils ont en bouche frôlent le ridicule et on peut difficilement s’épanouir en tant que nouveau nom dans le paysage entre deux regards ténébreux.

Ma critique est sévère, sauf qu’elle est à la hauteur de ma déception. Je voulais me laisser séduire par une histoire d’amour et j’ai plutôt reçu une douche froide de lieux communs.

Très, très décevante cette nouveauté de Radio-Canada.

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