TVA / capture d'écran Conversation secrète

Je l’ai souvent dit sur ce blogue depuis quelques années, les entrevues télévisuelles (ou radiophoniques) avec des politiciens actifs m’ennuient profondément. Elles n’ont l’utilité que d’offrir une plateforme de diffusion pour des «passeux de messages» bien entraînés et, au final, le public n’en retire qu’une amertume aseptisée ou un réconfort dans une opinion déjà construite.

Par contre, recevoir un ancien politicien peut nous offrir des détails intéressants sur les coulisses du pouvoir.

Ce n’était pas le cas lors de Conversation secrète à TVA quand Paul Arcand a rencontré l’ancien maire de Montréal Denis Coderre.

C’était, de manière à peine dissimulée, le premier pas vers la réhabilitation du maire défait par Valérie Plante l’automne dernier.

Après ce passage à la télé, son premier depuis sa défaite, il fera le saut à la radio, au 98,5 mettant en vedette le même Paul Arcand qu’il rencontrait ici. Ensuite qui sait jusqu’où l’aventure médiatique mènera l’amoureux de la caméra et de la scène qu’a toujours été Coderre lors de sa vie politique active.

Pour ce qui est de son passage à TVA, il a touché toutes les notes attendues. Les dossiers chauds, qu’il assume sans condition, sa défaite, ses positions, le baseball, l’ingérence, la SQ, etc. Il a ensuite passé un long moment à parler de son fils et ce qu’on retient de cet entretien, c’est cette orchestration d’un «nouveau» Denis Coderre, celui qui a été écarté par les Montréalais, celui qui est supposément proche de sa communauté à Montréal-Nord alors qu’il y circule en voiture avec un chauffeur.

J’ai roulé des yeux durant l’émission, beaucoup, parce qu’on sentait les lignes écrites d’avance. Coderre, habile, n’était pas là pour encaisser les questions de Paul Arcand. Il était là pour se vendre, se rendre sympathique, serrer des mains et nous rappeler que l’homme derrière le politicien est le sympathique  qui fait des prises de lutte sur une scène à Guy Nantel et se déguise en col bleu pour visiter des chantiers.

Le déguisement, un thème récurrent dans cette discussion avec Denis Coderre. Par contre, il déguisait mal son mépris pour la montée de Valérie Plante et son amertume pour la chute de ses projets, notamment la Formule E à Montréal.

Pour le reste, nous n’en retiendrons que peu de choses de cette émission à part qu’elle aura relancé la carrière d’un Denis Coderre qui, désormais, est libre de commenter tout et rien sur la place publique.

Ça promet.

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