Netflix Orange is the New Black

Une vilaine tendance se dessine avec la forte concurrence des réseaux câblés privés (HBO, Showtime) et des producteurs de contenus indépendants (Netflix) : il y a une surenchère de la nudité afin d’offrir des productions plus marquantes pour les téléspectateurs.

Il y avait déjà de la nudité à la télévision avant l’avènement de Netflix, bien entendu, mais autant qu’aujourd’hui? J’en doute fortement.

Avec Game of Thrones, Masters of Sex, True Blood et Orange is the New Black, par exemple, les scènes de nus sont aussi banales que celles de repas. À une exception près : on ne voit seulement que la nudité féminine.

Le corps de l’homme est encore, pour nos diffuseurs, un temple sacré. C’est franchement ridicule.

Voir une femme se balader à poil au centre du plan, que ce soit pour une scène sexuelle ou tout simplement une scène d’ambiance, est devenu une occurrence courante. On se moque encore du cinéma québécois des années 70 qui exploitait allègrement la nudité féminine pour remplir les salles, et pourtant, notre télévision actuelle recycle un peu la même mécanique.

Cette pratique semble être devenue la norme et sans dire que la nudité me dérange, j’en cherche encore l’utilité avec ce genre d’utilisation. Elle ne choque plus vraiment les gens et si l’idée est d’exploiter la sexualité de l’auditoire pour le garder devant l’écran, en quoi la vue d’un pénis à l’occasion changerait la donne?

Le message que l’on reçoit actuellement est que c’est correct pour une actrice de se dénuder, que ça fait partie de la « game», mais qu’un homme ne devrait jamais montrer plus que ses fesses, et ce très brièvement.

En plus d’être ridicule, c’est terriblement sexiste comme raisonnement.

Le réalisateur Vincent Gallo avait tenté l’expérience avec son film The Brown Bunny en 2003. Il avait, à l’époque, choisi de montrer une scène d’intimité avec sa conjointe lors du tournage, Chloë Sevigny, qui pratiquait du sexe oral sans se cacher de la caméra. Dans sa proposition, Gallo choisissait de montrer son sexe à lui en gros plan, utilisant la mince frontière entre la pornographie et le cinéma traditionnel afin d’obtenir son effet-choc. (la scène se trouve ici, évidemment 18 ans et plus)

Le film n’était pas particulièrement réussi ni marquant, mais cette scène reste pertinente dans la mesure où la sexualité et la nudité ne doivent pas être utilisées simplement pour faire un peu de «shock value». Cette époque n’existe plus.

Nos diffuseurs devraient apprendre la leçon.

Alors on soulève la question : pourquoi est-ce que le corps de la femme est banal à la télévision et celui de l’homme protégé? Vous en connaissez beaucoup des jeunes acteurs qui reçoivent des cachets pour des quatrièmes rôles muets, nus, dans l’arrière-plan d’une scène ?

Moi non plus.

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