The Associated Press Samuel Umtiti et Romelu Lukaku

Pour vaincre la Belgique et ainsi sceller son passage à la grande finale, la France a opté pour une approche davantage défensive, en deuxième demie, tout particulièrement dans la dernière demi-heure de jeu.

Une fois le match terminé, et la courte victoire des Bleus confirmée, certains Diables rouges ont réagi à chaud, critiquant vivement l’approche de leurs voisins. Thibaut Courtois ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour dire sa façon de penser à ce sujet: «C’était un match frustrant, la France a joué à rien, a défendu à 11 joueurs à 40 m de son but […] Chacun joue avec ses qualités, mais c’est dommage pour le foot qu’aujourd’hui la Belgique n’ait pas gagné.»

Eden Hazard, le plus convaincant des siens dans ce match, est quant à lui allé jusqu’à assurer qu’il préférait «perdre avec cette Belgique que gagner avec cette France». J’espère que quelqu’un lui a dit qu’absolument personne ne le croit…

L’objectif ici n’est évidemment pas de sur-analyser des propos émis dans la frustration du moment, par des hommes qui venaient de subir une défaite extrêmement dure et douloureuse, mais bien de juxtaposer ces réactions aux attentes que nous avons tous, joueurs, partisans et observateurs, envers les équipes bourrées de talent, comme la France, par rapport au «beau jeu».

Mais tout d’abord : qu’est-ce que c’est que ce proverbial beau jeu? Est-ce un jeu de possession, comme celui des Belges face à la France (60%)? Le fait de les avoir presque doublés au chapitre des passes tentées? Encore faut-il savoir quoi faire de l’objet… Trouver le moyen d’insuffler de la verticalité à un jeu est-ouest à outrance qui se déroule trop souvent près de la ligne médiane.

Le fait que les Bleus aient eu plus du double de tirs au but – 19 contre 9 –, avec 5 cadrés contre seulement 3 du côté belge, tend à donner raison à l’approche «pragmatique» de la troupe de Didier Deschamps.

Il faut se rendre à l’évidence : à l’ère du résultat à tout prix, on ne reverra pas de sitôt, dans une Coupe du monde ou tout autre tournoi similaire, une équipe qui va se démarquer du lot par son esthétique et son altruisme. Si j’étais le premier à m’en réjouir, les réalités du foot international et les nombreuses restrictions qui en découlent rendent cette possibilité carrément utopique.

L’Argentine d’Alejandro Sabella – Brésil 2014 – en est l’exemple parfait. Malgré la présence de Lionel Messi et d’un casting offensif à faire pâlir d’envie n’importe quel ex-champion du monde, c’est avant tout grâce à une excellente organisation défensive et à un fort pragmatisme que l’Albiceleste a fait son chemin jusqu’à la grande finale. S’inclinant face à la puissante Allemagne 1 à 0 en prolongation, même si elle avait obtenu les meilleures chances de marquer dans un match extrêmement serré.

Était-ce de l’anti-football pour autant? Je ne crois pas.

La mouture 2018 de l’équipe de France a une approche similaire, mais son collectif est, à mon sens, plus équilibré et, mis à part Messi, plus talentueux dans l’ensemble. Pour une équipe de son époque, elle nous en a donné, du beau jeu. Aucune autre équipe, selon moi, ne peut en revendiquer davantage à ce Mondial.

Et tant qu’à parler de beau jeu et d’attentes, souhaitons que, pour la grande finale, les Modric, Mbappé, Rakitic et Griezmann prennent les choses en main, question de nous donner une conclusion à la hauteur de cette Coupe du monde absolument épique.

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