Getty Selon notre chroniqueur, Mitt Romney tente d’effacer tout ce qui dérange.

Mitt Romney doit sûrement faire campagne avec André Cassagnes, cet électricien français inventeur de l’Écran magique.

En secouant le jouet, rebaptisé aux États-Unis «Etch-a-Sketch», le candidat républicain efface aussitôt tout ce qui dérange.

Tour à tour, il a été pour l’avortement, les recherches sur les cellules souches et la cause homosexuelle, contre le port d’armes et les permis de travail temporaires accordés à de jeunes immigrants illégaux par l’administration Obama. Il a virevolté sur toute la ligne dans le but de rassurer les ultraconservateurs de son parti et remporter ainsi l’investiture républicaine ce printemps.

Romney s’est ensuite engagé à supprimer l’«Obamacare», la réforme de santé du président sortant, inspirée d’ailleurs de la sienne lorsqu’il était gouverneur du Massachusetts (2003-2007). Il promet à présent de ne pas l’abroger totalement.

«C’est une girouette!» avait dit de lui John McCain, son principal adversaire à l’investiture républicaine de 2008.

Dire tout et son contraire pour entrer à la Maison-Blanche a été la seule véritable constante de sa politique ces dernières années.

Depuis sa «victoire» sur Barack Obama lors du débat télévisé du 3 octobre, Mitt Romney s’est totalement recentré. Sa nouvelle mue le place désormais devant son adversaire dans plusieurs sondages.

C’est bien connu, les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent. Celles d’Obama ont été nombreuses il y a quatre ans. Celles de Romney le sont tout autant cette année. Peu importe qu’elles soient tenues: il en faut pour être élu, le rappelait il y a 2 000 ans Quintus Tullius Cicéron.

Le militaire et écrivain romain conseillait déjà ceci aux hommes politiques de son temps : «Ne refuse rien à personne : quand on fait des promesses, l’échéance est incertaine, éloignée dans le temps. En revanche, en refusant, on est sûr de se faire des ennemis.»

S’il faut faire miroiter la lune aux électeurs pour accéder au pouvoir, encore faut-il qu’il y ait des différences marquantes entre les candidats. Les Américains n’ont pas l’embarras du choix. Ils sont englués dans un bipartisme absolu. Le parti d’Obama et celui de Romney ont de nombreux points communs, malgré leurs différences apparentes.

Le romancier américain Gore Vidal, mort en juillet, avait sans doute raison en rappelant qu’il n’y a finalement qu’une formation politique dans son pays : le parti des affaires, avec une aile démocrate et une aile républicaine.

C’est peut-être là le vrai «mal américain».

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