Associated Press Des combattants islamistes à Tombouctou, au Mali

Tombouctou! La cité de toutes les légendes est depuis six mois sous la coupe des islamistes. La communauté internationale est engagée dans une course contre la montre pour sauver cette ville mythique du Mali.

Tous les détails de l’opération militaire, annoncée vendredi lors d’une conférence internationale à Bamako (la capitale malienne), ne sont pas encore réglés. Mais elle devrait avoir lieu en mars, avant la saison des pluies. Au moins 3 000 soldats africains soutenus par l’ONU, la France et les États-Unis, seront déployés dans le nord du Mali, occupé par des groupes islamistes affiliés à al-Qaïda.

Après avoir détruit plusieurs monuments sacrés de Tombouctou, ils menacent de s’en prendre aux milliers de livres centenaires de la ville et à ses trois grandes mosquées datant du XVe siècle. Tous ces trésors ont permis à la «perle du désert» d’être classée en 1988 au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les «fous d’Allah» imposent également dans le sang la charia (loi islamique) aux quelque 50 000 Tombouctiens : lapidations, amputations et coups de fouet sont légion.

Au-delà de ces exactions, il y a un drame humanitaire : 200 000 Maliens ont été déplacés depuis l’arrivée des islamistes dans le nord de l’ancienne colonie française. Sur le plan géostratégique, les nouveaux maîtres des lieux font craindre le pire. Leur présence déstabilise les pays du Sahel. Les chancelleries occidentales parlent déjà d’un «Afghanistan de l’Afrique de l’Ouest».

Les États-Unis ont des drones armés dans la région. Des frappes aériennes ciblées ne sont plus exclues. Pour compliquer le tout, les rebelles touaregs ont proclamé en avril leur indépendance dans toute la partie septentrionale du Mali. Ils ont pu profiter de la révolution libyenne pour le faire. Les milliers de Touaregs enrôlés dans l’armée de Kadhafi sont retournés chez eux avec leurs lance-missiles et leurs lance-roquettes.

La déroute de l’armée malienne dans le nord était alors écrite dans le ciel du Sahara. L’Azawad vit le jour. Le nouveau «pays» n’est bien sûr pas reconnu par la communauté internationale. Le faire ouvrirait une immense boîte de Pandore, car les Touaregs sont également présents dans les pays limitrophes : l’Algérie, le Niger et le Burkina Faso.

On le voit, le Mali est la nouvelle poudrière de l’Afrique avec, en son cœur, Tombouctou, ville millénaire désormais inscrite par l’UNESCO au patrimoine mondial en péril.

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