Getty Xi Jinping, intronisé mercredi à la direction du Parti communiste.

La Chine est un colosse aux pieds d’argile. Si elle devait un jour trébucher économiquement, elle pourrait voler en éclats politiquement.

Nul doute que la seconde économie mondiale s’essouffle. La croissance moyenne de son PIB a été de 7,4 % cette année. De quoi faire rougir d’envie toutes les économies occidentales. Mais, la «décennie d’or» avec des taux annuels dépassant les 10% est bel et bien terminée.

Les inégalités entre les 750 millions de Chinois vivant encore à la campagne et les 615 millions de citadins, se creusent tous les jours un peu plus. Si les premiers rêvent aux lumières de la ville, les seconds songent au jour où ils pourront enfin librement s’exprimer dans leur cyberespace.

Il y aurait un peu plus d’un demi-milliard d’internautes chinois. Ils augmentent de 10 % par année, mais restent ceinturés par une grande muraille électronique leur bloquant de nombreux sites étrangers.

Ce n’est pas Xi Jinping qui va les déverrouiller. Intronisé mercredi à la direction du Parti communiste (83 millions de membres), il suivra l’autoritarisme politique de tous ses prédécesseurs. L’espoir d’une démocratisation n’est pas pour demain. Liu Xiabo en sait quelque chose. Le prix Nobel de la paix 2010, purge une peine de 11 ans de prison pour avoir rédigé, avec 300 autres dissidents, un manifeste réclamant la démocratisation de son pays.

Alors, pas de libéralisation politique en vue comme ç’a été le cas avec l’ex-Union soviétique qui a implosé à cause surtout de sa faillite économique? En matière de prévisions, il faut rester prudent avec la Chine. La croissance économique déséquilibrée – il y a plus de 100 millions de Chinois vivant avec un dollar par jour –, les manifestations spontanées souvent violentes contre des fermetures d’usines dues à la crise financière mondiale qui ralentit les importations chinoises, sont autant de ratés pour l’«harmonie sociale», objectif suprême des mandarins bureaucrates au pouvoir.

Les dirigeants chinois ont raison sur un point : une économie forte est la clé de la stabilité politique. Et une porte fermée à double tour sur une quelconque démocratisation.

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