AP Ces dommages ont été causés par des missiles Fajr 5, lancés par le Hamas, des armes beaucoup plus puissantes que les anciennes roquettes Kassam.

Pluie de bombes israéliennes sur Gaza, nuée de roquettes du Hamas sur le territoire hébreu, les deux ennemis partagent une cocotte-minute en pleine ébullition.

Le scénario est immuable. D’escalade en escalade, les deux parties finissent toujours par croiser le fer en s’accusant de tous les maux. Pour les Israéliens, le mouvement islamiste qui règne sans partage
sur l’enclave palestinienne depuis 2007 est rempli d’extrémistes voués à la destruction de leur État.

Le Hamas lui, rappelle ceci : la bande de terre de 360 km2 où s’entassent 1,6 million de Gazaouis est la plus grande prison à ciel ouvert au monde et son économie est asphyxiée par le blocus israélien.

Après une semaine de tensions, Israël déclenchera-t-il une offensive terrestre? Pour faire taire la grogne sociale et économique des Israéliens et à deux mois des législatives, Benyamin Netanyahou pourrait être tenté par une opération militaire semblable à Plomb durci, en décembre 2008 et janvier 2009.

Dans les urnes, l’approche sécuritaire est souvent payante quand on se présente en sauveur de la patrie.
Mais, une nouvelle incursion à Gaza n’anéantira pas pour autant les capacités militaires du Hamas. À preuve, ses Kassam, roquettes artisanales à faible portée d’il y a quatre ans, ont été remplacées par des Fajr 5, missiles iraniens qui ont touché les banlieues de Tel-Aviv et de Jérusalem.

Israël pourrait de plus se mettre à dos l’Égypte désormais dirigée par les Frères musulmans, alliés naturels du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien se sent d’ailleurs plus fort avec l’éclosion des «printemps arabes» qui l’ont sorti de son isolement diplomatique. Il n’est plus considéré comme le paria du Proche-Orient et a même reçu 400 M$ du petit, mais riche Qatar.

Parallèlement, Israël, qui a toujours cherché à marginaliser au maximum le Hamas, est sur ses gardes face
aux changements géopolitiques dans la région. La «nouvelle Égypte», par exemple, vient de se rapprocher de l’Iran, ennemi juré de l’État hébreu. Le Moyen-Orient reste la poudrière de la planète.

Israéliens et Palestiniens en ont sûrement assez des guerres. C’est normal. Mais, ils ne croient plus à la paix. C’est tragique.

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