AP Barack Obama espère que les indépendants et les jeunes seront à ses côtés dans la guerre culturelle qui divise les Américains.

Barack Obama a laissé tomber la langue de bois la semaine dernière. Quarante mois après son élection, il vient d’écrire une page d’histoire en devenant le premier président américain à soutenir ouvertement les mariages gais. Cela va-t-il lui coûter la Maison-Blanche? Même si la moitié des Américains sont favorables au «same-sex marriage», 31 des 50 États de l’Union ont adopté des amendements constitutionnels restreignant le mariage à une union entre un homme et une femme. Un certain nombre d’entre eux, comme la Caroline du Nord où se tiendra la convention démocrate en septembre, sont des «swing states», des États déterminants dans la présidentielle du 6 novembre.

Courageuse, la prise de position d’Obama pourrait s’avérer suicidaire politiquement. Il suffirait que la Floride, avec ses nombreuses têtes grises, et le Colorado, nouveau centre névralgique des évangéliques, penchent du côté de Mitt Romney pour qu’il perde son fauteuil présidentiel après un seul mandat. Comme George Bush père et Jimmy Carter.

Autre épée de Damoclès pour Obama : les Afro-Américains. Ils ont voté à près de 100 % pour lui en 2008, mais ils sont à 55 % contre les mariages gais. Les Hispaniques sont également assez conservateurs sur la question des mœurs.

Avec une économie toujours chancelante, le président sortant joue son va-tout en pariant que les indépendants (le tiers de l’électorat) et surtout les jeunes se rangeront de son côté dans cette guerre culturelle qui divise en permanence les Américains, au même titre que l’avortement.

Peu médiatisée au Canada, où les mariages gais sont autorisés depuis sept ans, la question s’inscrit dans la mouvance des droits civiques, comme les batailles des minorités ethniques et celles des femmes.

La prise de position personnelle de Barack Obama, est également un bon calcul comptable. Un «gros donateur» sur six de sa campagne serait homosexuel, affirmait lundi dernier le Washington Post.
La politique n’a jamais été le royaume des bons sentiments.

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