Paul Chiasson/La Presse Canadienne Max Pacioretty (à gauche) et Michel Therrien (à droite) entourent Shea Weber.

Cette semaine, l’affaire Ther­rien-Pacioretty a fait de l’ombre au début de saison de Canadien alors que se déroulait le tournoi de golf de la formation sur un terrain dont j’ai oublié le nom. Au moment d’écrire ces lignes, le plus récent développement dans ce dossier était le suivant: Michel Villeneuve, le journaliste qui a sorti l’information selon laquelle Therrien aurait dit que Pacioretty était le pire capitaine de bateau de l’histoire de Canadien qui prend l’eau, a été congédié par son employeur, la station de radio 91,9 FM.

Or, il est clair que Therrien l’a dit, quoi qu’en pense Canadien. D’abord, ce n’est pas un joueurnaliste qui a fait cette affirmation, c’est un journaliste. Et Villeneuve est un aguerri : mercredi, au 98,5 FM, il martelait qu’il avait dans son sac bien plus que les trois sources recommandées pour confirmer un scoop; il en aurait 12. En revanche, il ne veut pas les révéler, ce qui est tout à son honneur, même s’il devra présenter son honneur à l’épicerie la semaine prochaine pour payer sa commande, car tout ça lui a coûté son job.

Cela dit, on ne veut pas dire ce qu’il doit faire à Michel Villeneuve, mais il devrait songer à contacter Reporters sans frontières, qui se décrit comme «une organisation non gouvernementale internationale se donnant pour objectif la défense de la liberté de la presse et la protection des sources des journalistes». Michel, tu peux la rawouère, ta job, si ça te le tente.

Théorie du complot
Interrogé à ce sujet, Michel Therrien a déclaré ceci: «Je ne m’attarde pas à des ouï-dire.» Or, il est intéressant de se rappeler qu’un des ingrédients d’un complot, c’est justement de faire des affirmations factices; ici, il est question d’un dire, pas d’un ouï-dire. En effet, c’est Michel Therrien qui a fait l’affirmation selon laquelle Pacioretty est un pas-bon; s’il y a un ouï-dire dans l’affaire, c’est la révélation de Villeneuve, qui aurait entendu la chose. Toutefois, ce serait considérer ce dernier comme un sniffeux de caleçon sale et, surtout, ce serait oublier qu’en janvier 2007, alors qu’un épisode de gastro sévissait dans le vestiaire de Canadien, aucun journaliste affecté à l’équipe ne l’avait attrapée, ce qui avait fait dire à Villeneuve, à l’émission 110%: «Ça prouve une chose, c’est qu’on n’est pas des sniffeux de pets.» Me semble que c’est clair.

Un autre ingrédient d’un complot, c’est l’élimination d’arguments qui invalident le complot. Comme par hasard, Geoff Molson, interrogé à savoir quelle serait sa réaction si Therrien avait tenu ces paroles, a dit: «Ça ne serait pas bon, c’est pour ça que je suis persuadé qu’il n’a pas dit ça.»

C’est comme dire ceci: «Demain, c’est samedi. Ce serait plate qu’il pleuve, c’est la fin de semaine. C’est pour ça que je suis persuadé qu’il ne pleuvra pas.» Come on, man.

Sérieux, Michel Therrien l’a dit. Bon.

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