Getty Images L’univers du gros hockey (et du sport, plus largement) est une belle source d’inspiration pour Donald Trump et on le comprend.

C’est à la mode ces jours-ci de trouver que Donald Trump est un gros épais, voire un cave.

En revanche, un minimum de perspective critique ou un soupçon de distance rendue possible par le journalisme sportif s’avère suffisant pour constater que si vous êtes un fan de gros hockey de la ligne nationale, eh bien, vous auriez de bonnes raisons de voter pour Trump, si vous seriez un Américain. Et oui, on le sait qu’écrire “seriez” représente ici une faute : on revendique seulement le droit d’écrire comme qu’on veut.

Cela dit, on devine même qu’un politologue (vous savez, ces gens qui aiment bien se raconter des histoires en prétendant que cela est de la science) pourrait faire l’hypothèse que Trump puise son inspiration en matière de stratégies politiques en s’appuyant sur ce que lui et ses sbires ont observé dans le monde du hockey de la ligne nationale.

D’abord, le mur que souhaite construire Trump à la frontière du Mexique afin de protéger les États-Unis des Mexicains n’est-il pas un calque des bandes qui permettent de protéger les joueurs des dangers, comme l’apparition de nu-vite (souvent des partisans mexicains, d’ailleurs) sur la patinoire? Les bandes permettent également de resserrer les frontières et d’adopter une perspective protectionniste qui, au hockey, permet aux affaires qui se passent sur la patinoire, même les pires coups bas (tentative de meurtre, assaut, homophobie) de demeurer sur la patinoire.

Ensuite, il est évident que Trump a compris que l’ouverture à l’autre représente une menace pour soi. Son mur, un calque de la bande au hockey, est un exemple de solution, mais le pied qu’il souhaite mettre à fond sur la pédale à break de l’immigration est clairement une autre indication qu’il a compris et qu’il assume, lui, que l’altérité dilue souvent une identité de type pure race. D’ailleurs, Canadien ne gagnait-il pas davantage la Stanley lorsque ses joueurs étaient des Canadiens (anglais ou français, mais surtout blancs)? Poser la question, c’est faire comme Martin McGuire du 98,5 FM en point de presse : c’est y répondre en même temps.

Enfin, Donald Trump affiche assez peu de respect envers les femmes. Selon lui, il faut notamment les traiter comme de la merde. De fortes probabilités existent à l’effet qu’un petit coup d’œil jeté dans un aréna de la LNH l’ait convaincu de la popularité et de l’efficacité de ce genre d’idée : pom-pom girl, pitounes qui dansent pendant les pauses télé sur la patinoire, pitounes qui divertissent les motés dans les zones «party» des arénas en étant habillées sexy, bref, l’univers du gros hockey (et du sport, plus largement) est une belle source d’inspiration pour Trump et on le comprend.

Faque Trump, un épais? Un cave? Non. Un fan de hockey comme vous, tout simplement.

Bonne saison et bonnes élections présidentielles!

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