Ornella Yeung/monscoop@journalmetro.com

À 11h, dimanche le 22 avril dernier, j’étais à la Maison du développement durable avec ma fille de presque 6 ans, pour faire des pancartes. Ma fille a décidé de peindre la Terre en guise de message.

À 13h45, j’ai rejoint la tête de la marche avec mon épouse, ma fille et mon fils de 3 ans dans la poussette. Faisant partie du petit groupe d’organisateurs, on m’avait demandé d’être à la tête de cette marche. La foule, qui enflait derrière nous, poussait la tête vers l’avant; déjà nous n’étions plus sur la Place des festivals, qui était pourtant le point de départ.

À 14h, 1200 clochers à travers le Québec ont sonné pour souligner l’évènement. Au même moment, Frédéric Bach plantait un arbre. Encore à ce même moment, ma belle-mère tentait de se rendre à son travail au centre-ville. Après avoir laissé passer 4 voitures de métro, elle retient son souffle et s’engouffre dans la cinquième voiture, elle aussi bondée. Comme des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes, elle est victime de l’énorme succès de cette marche.

À 14h05, Dominic Champagne lit la déclaration qui a rassemblé 250 000 personnes en ce jour gris et froid. La foule est devenue si importante, qu’elle a maintenant poussé la tête de la marche à mi-chemin entre les rues Ontario et Sherbrooke. Nous n’arrivions même pas à entendre Dominic.

À 14h10, la marche débute. Rapidement, nous perdons la tête, mais la marche se déroule sans heurt. Pendant ce temps, mon fils réussit à s’endormir dans la poussette!

À 14h30, nous avons déjà terminé notre marche. Nous sommes arrivés au parc du Mont-Royal et on nous a placé dans le pouce de ce qui deviendra la plus grande main et ensuite le plus grand arbre humain au monde.

De 14h30 à 17h, nous avons regardé, abasourdis,  la foule qui continuait à déferler devant nous. Des milliers de personnes n’ont même jamais réussi à quitter le Quartier des spectacles qui a été noir de monde tout l’après-midi!

Jamais dans l’histoire du Québec, jamais dans l’histoire du Canada, autant de gens sont sortis dans les rues pour exiger des gouvernements plus d’actions pour l’environnement.

À 17h30, les enfants étaient épuisés. C’était le temps de retourner tranquillement à la maison. Je n’ai jamais été aussi fier de faire partie du mouvement environnemental et d’Équiterre qui a joué, avec plein d’autres, son rôle dans cette journée historique.

Et après le 22 avril…

La question sur les lèvres de tous est «Quelle sera la suite?» Comment transformer cette mobilisation sans précédent en changements sociétaux réels?

Il n’y a évidemment pas de réponse unique à cette question. Parmi les 250 000 personnes présentes, plusieurs sont déjà donateurs, membres, militants, bénévoles ou autrement engagés dans une cause environnementale. Ces derniers seront gonflés à bloc pour poursuivre leurs luttes locales, régionales, nationales ou internationales.

Pour d’autres, cette expérience sera une porte ouverte vers une implication citoyenne. Ils deviendront donateurs du Fonds Mondial de la Nature, membres d’Équiterre, bénévoles avec les Amis de la Montagne ou militants pour un groupe de défense d’un lac ou d’une forêt, par exemple.

À un autre niveau, nous savons maintenant que parmi les 100 000 sympathisants d’Équiterre, plusieurs ont envie d’exprimer leurs idées, leurs propositions et, aussi, leur mécontentement.

Que les promoteurs de pipelines, de sables bitumineux, d’autoroutes urbaines et de mines d’uranium se le tiennent pour dit: vous croiserez ces citoyens sur votre chemin.

Que les partis politiques fédéraux, provinciaux et municipaux se le tiennent également pour dit: vous croiserez ces citoyens dans vos comtés lors des prochaines élections et ils s’attendront à avoir réponses à leurs questions!

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