J’ai passé quelque temps dans les Outaouais à décompresser chez le paternel. Cela m’a, entre autres, permis de m’adonner à certaines activités, dont voir mon père frustré par la victoire des Steelers 40-17 contre Tennessee et aller à la conférence Modern Treaties and Reconciliation. Malgré le fait que les représentants du gouvernement nous ont vomi la même cassette sur tous les panels de l’événement, j’ai eu la chance de participer à de belles discussions, notamment sur la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Il y a un moment déjà, le gouvernement fédéral a annoncé une Grande Réforme™ des lois et des politiques concernant les Autochtones au pays, dans un esprit de Réconciliation™. Une représentante du gouvernement est même allée jusqu’à dire que la Déclaration était un outil, mais aussi une distraction, puisque la Ô grande réforme annoncée allait régler tous les problèmes. Elle en a profité pour nous réciter, comme ses collègues, les 10 grands principes de ladite réforme. Donc, jusqu’à il y a quelques jours, les libéraux étaient très peu enthousiastes à l’idée de voter en faveur du projet de loi C-262, qui vise à harmoniser les lois fédérales avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Mais, coup de théâtre, ceux-ci ont annoncé vouloir voter en faveur de C-262. Une décision qui nous rend assez perplexes.

L’article 10 de la Déclaration stipule ce qui suit : «Les peuples autochtones ne peuvent être enlevés de force à leurs terres ou territoires. Aucune réinstallation ne peut avoir lieu sans le consentement préalable – donné librement et en connaissance de cause – des peuples autochtones concernés et un accord sur une indemnisation juste et équitable et, lorsque cela est possible, la faculté de retour.» J’ai d’abord pensé que les libéraux allaient jouer sur la notion de consentement libre et éclairé. Qui donne ledit consentement? Considérant le fait que, dans certaines régions, les chefs sont élus sur une base peu démocratique, c’est ce qui m’inquiétait. Mais le jeu du gouvernement devient de plus en plus clair. Devant l’appui massif des organisations autochtones et même de l’église mennonite, ils ont dû plier. Je ne serais pas étonnée de les voir envoyer le projet de loi au Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord afin de tenter de le diluer lors de la troisième lecture du projet de loi aux Communes. Une chose est sûre: il y a anguille sous roche et nous devrons éviter de célébrer trop tôt. En deux ans, le PLC nous a montré à moult reprises qu’il est capable de bien vicieuses stratégies en matière de droits autochtones.

@MaiteeSaganash

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