Aujourd’hui, Métro propose une édition spéciale dans toutes ses rubriques sur le thème de l’enfance.

J’ai récemment pris la décision de faire mes bagages et de partir sur mon territoire pour quelques mois. Après quelques détours et 12 heures sur la route, je me suis confortablement installée dans mon domicile temporaire à Oujé-Bougoumou. – 27 °C au thermomètre le premier matin; pipun (l’hiver) était déjà bien arrivé en Eeyou Istchee.

Mes narines gelées qui collaient ensemble et la neige glacée qui faisait «crounch crounch» sous mes bottes me rappelaient mes temps des Fêtes en Abitibi.

J‘ai passé la majorité de mes Noëls chez mes grands-parents à Val-d’Or, raison pourquoi cette ville a encore une petite place dans mon cœur, malgré tout. Je me rappelle surtout les journées complètes dehors à faire de la motoneige avec mon frère et mon cousin, et à passer près de me casser une jambe à attacher un trois-ski de manière peu sécuritaire en arrière de celle-ci. La maison de mes aînés était toujours pleine, la bouffe était bonne et mon grand-père perdait aux cartes. Des souvenirs que je chérirai toujours. En raison de certaines circonstances, la tradition de Noël chez mes grands-parents n’est plus. Au fil des ans, le temps des Fêtes suscite plus d’amertume et de stress chez moi qu’autre chose. Je suis retournée à la maison, n’étant même pas certaine de passer Noël avec l’un ou l’autre côté de ma famille. J’ai 22 ans, je suis déjà un peu Grinch et je ne sais pas si je l’assume. Mais j’ai un peu le vertige de vous voir heureux et en famille. Vous êtes chanceux.

Prendre un autre chemin que certaines personnes de mon entourage a aussi été l’occasion de pardonner et de retisser des liens avec d’autres. Je passe Noël avec le paternel pour la première fois depuis 13 ans environ. C’est aussi mon premier Noël à la maison, ma vraie maison. J’ai quitté le Nord en quête de calme et d’histoires, puis je pense que mon anti-Noël avec Nuuh’tah va m’apporter un peu de ce que je cherchais. Je suis épuisée de vivre de nostalgie et d’eau fraîche, j’ai envie de faire table rase. Être ici me permet de me pardonner avant tout et d’accepter que certaines choses ne reviendront jamais, comme mon traditionnel temps des Fêtes chez grand-père et grand-mère. C’est correct. Je vais encore voir mes grands-parents et j’aurai de nouveaux souvenirs moins lourds à porter. Et puis, les paysages sont trop beaux pour être triste.

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