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Il fut une époque où je lisais la section des commentaires sous les articles ou les chroniques. J’ai arrêté depuis un certain temps et, honnêtement, ma vie s’en porte mieux. J’ai arrêté surtout parce que c’était abrutissant, mais aussi parce que j’avais du mal à digérer les insultes dirigées vers les Autochtones. On y trouvait surtout la redondante obsession sur les taxes et les grandes généralisations sur les chefs supposément corrompus, mais aussi des propos comme quoi on vide les forêts et les rivières de leurs poissons et animaux. On dit aussi de nous qu’on ne s’occupe pas réellement de nos territoires.

Pas tout le monde n’est parfait, côté environnement, et, oui, il arrive à certains de nos membres de l’échapper, comme on dit. Notre rapport à la nature est complexe et fort, oui, mais nous ne sommes pas constamment en forêt à brûler de la sauge entre deux épinettes et à remercier les corbeaux, comme certains aiment nous percevoir. On arrive toutefois à faire de la belle sensibilisation et à réintégrer les enseignements des aînés dans nos démarches.

L’autre jour, j’étais au tournoi de pêche de Mistissini pour faire du bénévolat. Ma cousine est biologiste pour le Cree Nation Government et lavait les bateaux pour prévenir l’introduction d’espèces invasives dans le lac. C’est essentiel lorsque vous vous promenez d’une région à une autre pour la pêche, car certaines espèces et certains parasites peuvent s’accrocher à votre embarcation. Une fois qu’ils sont introduits dans un autre cours d’eau par accident, il est difficile de s’en débarrasser et cela peut débalancer tout un écosystème.

Vu la popularité croissante de ces événements partout dans la province – y compris sur le territoire –, plusieurs communautés ont pris la décision de faire des tournois catch and release, dans lesquels les poissons doivent être encore vivants pour la pesée, puis être remis à l’eau. Ma cousine et son équipe en profitaient notamment pour promouvoir les bonnes techniques de remise à l’eau et de manipulation des poissons. Même si on a les meilleures intentions du monde, il suffit de tenir le poisson trop fort pour compromettre ses chances de survie.

Dans ce genre d’initiative, on prend toujours le temps de se tourner vers les aînés, qui ont généralement un meilleur bagage de connaissances en matière d’environnement. Sur le territoire, lorsqu’on a des personnes qui font uniquement de la pêche de subsistance et d’autres qui s’adonnent parfois à la pêche sportive, on essaie de se rencontrer à mi-chemin. Les aînés savent qu’ils peuvent pêcher le doré quand les libellules reviennent, pêcher l’esturgeon quand les feuilles d’une certaine plante deviennent d’une certaine couleur. Il est donc acquis pour nous de les inclure dans la plupart de nos campagnes de sensibilisation, surtout lorsqu’il est question de protection du territoire.

Que ce soit par la Sépaq, FaunENord ou le département environnemental du Cree Nation Government, il existe une multitude de contenu éducatif pour aider à préserver les écosystèmes qui sont parfois fragiles. Même pour moi qui pêche depuis que je suis toute petite, leurs campagnes de sensibilisations ont été instructives. C’est à découvrir d’ici la fin de la saison de pêche.

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