Le gouvernement se propose de créer au Québec un «programme volontaire de service à la communauté pour les jeunes de 15 à 29 ans». En France, on appelle cela un service civique. Aux États-Unis, l’équivalent existe depuis 1993; il a été créé par Bill Clinton sous le nom d’Americorps, une version nationale du Peacecorps lancé en 1961 par John F. Kennedy. Ici, le député Léo Bureau-Blouin en parle comme d’un service citoyen.

L’idée est vraiment très bonne.

Le service citoyen, ou service civique, permet à un jeune de faire une pause dans ses études ou son travail, ou de profiter d’une période de transition entre l’école et le boulot, pour vivre une expérience riche d’engagements dans la communauté. En France, cet engagement dure de 6 à 12 mois auprès d’associations, de municipalités ou d’organismes publics. Un jeune peut s’intégrer dans un groupe environnemental et participer à un projet d’aménagement. Il peut monter une exposition dans un musée, accompagner des personnes âgées dans leurs activités quotidiennes, aider un organisme communautaire.

Le jeune ne vole pas l’emploi d’un travailleur, car son apport est complémentaire. Il est en apprentissage, tout en contribuant à des œuvres d’utilité publique. Il reçoit, pour alors une allocation de subsistance qui rend le service citoyen accessible à tous les jeunes, quels que soient leurs revenus. Ce n’est pas un salaire. Ni de l’aide sociale.

Qu’est-ce que ça donne? Ça donne de l’aide à la communauté, d’abord, bien entendu. Mais surtout, ça induit chez le jeune participant une conscience de son rôle comme citoyen, à une époque où les jeunes boudent en grand nombre la vie politique. Ça lui permet de se découvrir lui-même. Ça donne confiance en soi. Ça aide à s’éclaircir les idées sur ce qu’on veut faire dans la vie et à faire le bon choix scolaire et professionnel.

Une étude interne d’Americorps indique que l’expérience accroît le sens civique des jeunes. L’expérience française révèle que le service civique favorise le retour aux études et l’insertion en emploi. Il y a 200 000 jeunes au Québec qui ne sont ni aux études ni au travail.

On ne crée pas un service citoyen n’importe comment. Il faut adapter la formule pour tenir compte des programmes existants, de la réalité des organismes communautaires invités à recevoir des jeunes, de l’impact sur l’emploi, sur le bénévolat, des besoins d’encadrement des jeunes vulnérables qui voudront participer.

C’est pour cette raison qu’avant de déployer le programme en 2015 il serait opportun de mener une étude indépendante de préfiguration de ce service citoyen à la québécoise en collaboration avec la société civile, les citoyens et les jeunes eux-mêmes.

Voilà donc une idée porteuse d’avenir pour le Québec. Reste à la modeler pour qu’elle produise tous ses fruits.

Pour en savoir plus , visitez le site de l’Institut du Nouveau Monde.

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