Les attaques à Ottawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu m’ont éveillée à une question qui ne me préoccupait pas beaucoup avant: la protection de ma vie privée.

Beaucoup de gens se sont inquiétés que le gouvernement fédéral utilise les événements des dernières se­maines pour justifier de nouvelles mesures sécu­ritaires qui compromettraient nos libertés civiles. Pour ma part, je me suis posé la question suivante: moi, je suis prête à renoncer à quoi pour qu’on garantisse ma sécurité?

Le hic, c’est que personne ne peut la garantir totalement. Aucun gouvernement ne pourra jamais connaître les intentions de tout un chacun. Pour atteindre une situation de sécurité totale, il faudrait que les souhaits, les motivations et les plans de tout le monde soient connus des autorités publiques en tout temps. Chercher la sécurité à n’importe quel prix, c’est tendre vers une société où les gens sont réduits à être une espèce de serrure dont on aurait livré la clé aux autorités publiques.

Le mois dernier, les firmes de sondage Ekos et Ipsos Reid ont publié des résultats identiques: seuls de 25 à 30% des Canadiens accepteraient d’octroyer un plus grand accès à leur vie privée afin d’obtenir plus de sécurité.

Les gens sont attachés à leur vie privée.

Seulement, sait-on quelles clés on est sur le point de remettre au gouvernement? C-13. S-4. Des projets de loi que je ne connaissais pas il y a deux semaines. Ils sont en lecture au Sénat et à la Chambre des communes. Le premier accorderait l’immunité aux compagnies de télécommunications qui partagent de l’information à votre sujet avec les autorités publiques sans obtenir de mandat judiciaire. Le second permettrait aux entreprises de partager des informations à votre sujet entre elles, encore sans mandat.

Dans son rapport annuel publié au mois d’octobre, le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada a reproché à la GRC d’avoir obtenu, sans mandat et sans rendre de comptes, des informations sur les Canadiens par l’entremise des compagnies de télécom. En 2011, la GRC a fait 3200 demandes d’information, en moyenne, par jour!

Cette situation illustre l’urgente nécessité que le gouvernement communique de façon beaucoup plus transparente les politiques qu’il met de l’avant et, surtout, les changements importants qu’elles engendrent. Et à l’heure des communications de masse, tous les moyens sont à sa disposition pour le faire. Il n’a aucune excuse.

Heureusement, nous avons l’accès à l’information, un droit garanti par la loi, qui permet aux plus curieux d’entre nous d’obtenir n’importe quel document (ou presque) produit par le gouvernement. Sauf que lundi, la Commissaire à l’information, chargée de vérifier que la loi d’accès à l’information est appliquée, appelait à l’aide: son budget est à sec…

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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