Mathias Marchal/Métro Le centre de dépôt temporaire sous le pont Jacques-Cartier reviendra cet été

Notre journaliste s’est lancé comme défi d’utiliser plusieurs plateformes de l’économie collaborative pour financer un séjour à la campagne et y boire bonne bouteille de champagne sans alourdir sa carte de crédit. Après la diète Dollarama, Opération zéro déchet et Manger trois jours sans dépenser un sou, voici un autre article à saveur sociologique.

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Après une vingtaine de jours, mes inscriptions sur Spinlister pour louer mon vélo, sur Cooked4u pour vendre mes barres granola aux insectes, ou sur Rentable.net pour louer mon costard-cravate, n’ont toujours rien rapporté. Il faut impérativement que je me mette à gagner de l’argent.

Premier geste facile: trier les vêtements et les jouets de ma fille et tenter de les vendre sur Kijiji et dans des friperies. J’ai déjà un argument massue si ma blonde se plaint que j’y vais trop fort dans l’écrémage. Il s’agit d’une entrevue où la psychologue spécialiste de la famille, Sophie Marinopoulos, dit: «Quand l’enfant a trop de jouets, il ne va utiliser chaque objet que quelques minutes avant de le délaisser. Il n’arrive donc pas à créer un lien ludique avec le jouet parce qu’il y en a trop, il se disperse». Boum!

Je me suis aussi décidé à faire une run de canettes dans la rue pour gagner de l’argent rapidement. Afin de connaitre les secrets de l’activité, je me suis adjoint les services d’un expert du domaine, Claude, 60 ans, à qui j’ai donné ma vieille cafetière en échange de ses conseils. J’aurais pu passer par le réseau de l’Accorderie (un système d’échange de services entre individus), mais il faut suivre une réunion d’une heure trente pour être membre. Alors je suis passé par la coop Les Valoristes pour trouver la perle rare.

«La principale règle, c’est premier arrivé, premier servi. Repère le jour du recyclage, lève-toi à 4h du matin et emmène plusieurs sacs solides», conseille-t-il. «Les canettes et les bouteilles de plastique te rapporteront 5 sous. Les bouteilles de bière c’est 10 sous, mais c’est plus lourd à porter. Et dépêche-toi, car la consigne pourrait bientôt disparaitre», me confie l’homme qui gagne environ 70$ par semaine en glanant les contenants recyclés dans les poubelles de la station de métro Longueuil.

En effet, même si la consigne offre une forme de rémunération à plusieurs milliers de Québécois vivant en marge de la société, elle pourrait disparaitre car plusieurs embouteilleurs (sauf les brasseurs), des recycleurs et des détaillants clament que le système de la consigne est inutile et pourrait être absorbé par le bac de recyclage.

«C’est faux, la consigne donne de meilleurs résultats en terme de recyclage que la collecte sélective», clame Marica Vazquez Tagliero, fondatrice de la coop Les Valoristes qui offre un point de chute pour les contenants consignés à environ 150 valoristes. Si la consigne disparait, ce sera aussi cette source de revenu complémentaire qui prendra le bord.

«Oui les valoristes pigent dans les bacs de recyclage ,mais pas uniquement. Ils permettent aussi d’éviter l’enfouissement en faisant le tri dans les poubelles de rue et de parc, en récupérant des contenant consignés jetés dans la nature, ou en établissant des ententes avec des hôtels, des restaurants ou des bars. Sans parler des contenants qui avaient été mis à la poubelle, car tout le monde ne participe pas activement à la collecte sélective», dit-elle.

Notre run de canettes s’est bien passée.

Constatation 1: ça ne boit pas beaucoup de boissons gazeuses un Plateaupithèque!

Constatation 2: Les ventes de Perrier doivent être au beau fixe, c’est le contenant qu’on a le plus récupéré, aussi bien sur Le Plateau que dans le Centre Sud.

Le problème, c’est quand on est allé les porter sur le site des Valoristes, sous le pont Jacques-Cartier. Les trois quarts de mes contenants sont refusés car ils ne sont pas consignés, même les bouteilles de Perrier et certaines canettes en aluminium.

Marica me montre certaines absurdités: deux canettes identiques d’eau vitaminée gazeuse Choix du président. Un exemplaire est consigné (c’est mentionné sur le dessus), l’autre non. «Les embouteilleurs de boissons gazeuses font tout pour torpiller la consigne et démontrer que ça ne marche pas. Si le Québec faisait comme l’Ontario, on aurait pris tous tes contenants», affirme Mme Vasquez-Tagliero.

On repart donc avec un maigre 0,75$! Heureusement, on a pu compter sur Kijiji et des boutiques de seconde main pour masser une quinzaine de dollars!

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