Le monde est en train de changer, rapidement, totalement. En trois siècles, nous avons créé la machine à vapeur et la mécanisation, découvert l’électricité et conçu les chaînes de montage, et inventé l’électronique, la robotique et le numérique. Ces trois révolutions industrielles ont fondamentalement et irrémédiablement changé nos vies, pour le meilleur, sans doute. L’humanité amorce aujourd’hui une nouvelle révolution, la quatrième, qui aura un impact économique et social plus fondamental et plus significatif.

La quatrième révolution est celle de l’intelligence artificielle. On commence à peine à en percevoir les prémisses. Des téléphones qui reconnaissent nos visages, nous parlent et nous comprennent, des machines qui battent les meilleurs joueurs de poker, des voitures qui se conduisent toutes seules, des systèmes capables de diagnostiquer des maladies, des prothèses synthétiques intelligentes… L’innovation dans l’intelligence artificielle et ses applications ne cessent de nous surprendre. Ce n’est toutefois que le début, les découvertes et les inventions se feront à un rythme exponentiel au cours des prochaines années. Plusieurs métiers seront appelés à disparaître, par millions, remplacés par des machines qui feront le travail plus vite, mieux et à moindre coût. Les métiers dits «hautement qualifiés» ne seront pas épargnés non plus : avocat, ingénieur, économiste, comptable, etc. D’autres métiers apparaîtront certes, mais ils seront beaucoup plus spécialisés, plus pointus.
Dans 20 ans, dans 50 ans, nos enfants vivront dans une société complètement différente, avec des codes et des règles qu’on peine à imaginer aujourd’hui. La machine y aura une place centrale et prépondérante. Ce sera ardu, mais nous allons devoir nous y adapter, comme nous l’avons fait face aux bouleversements de l’informatique et l’automatisation. C’est inévitable.

La quatrième révolution est celle de l’intelligence artificielle. Elle va fondamentalement bouleverser nos sociétés et nos économies. Il est primordial d’outiller nos enfants dès aujourd’hui pour qu’ils développent les habiletés nécessaires pour y faire face et s’y adapter. Investir massivement dans l’éducation n’est plus un choix, c’est un facteur de survie.

ans ce contexte, l’éducation est l’unique levier dont disposeront nos enfants pour faire face à ces changements. Maîtriser les mathématiques, les sciences et les technologies n’est plus une option, mais un facteur de survie. Nous avons besoin d’une vision stratégique de l’éducation, à moyen et long terme, soutenue par des investissements massifs, qui nous permettra de ne pas rater la marche du futur. C’est à partir du préscolaire et du primaire que le travail doit commencer, c’est là qu’on doit outiller nos enfants pour qu’ils développent les capacités essentielles qui les aideront à appréhender les changements qui s’en viennent. Et ça urge.

Pourtant, au Québec, nous ramons à contre-courant. Les coupes récurrentes dans l’éducation, sous couvert de rigueur budgétaire ou d’austérité économique, constituent un crime odieux qui hypothèque l’avenir de toute une génération. Le rafistolage électoraliste du dernier budget Leitão n’y change pas grand-chose. Nos écoles sont délabrées, nos enseignants débordés, nos intervenants manquent cruellement de ressources… Ça va mal. Il faut que ça cesse. Il faut redresser la barre très vite, il en va de notre avenir collectif. Le gouvernement se doit de prendre ses responsabilités au sérieux avant qu’il ne soit trop tard.

Récemment, j’ai lu que les publications scientifiques dans le domaine de l’intelligence artificielle provenant de chercheurs chinois ont dépassé celle produites par leurs homologues américains. Eux, ils ont compris.

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