«Le Québec aux Québécois.» La banderole hissée par Atalante sur les remparts du Vieux-Québec samedi ne laissait aucune place à l’interprétation. Il fallait bien lire ceci: le Québec aux Québécois blancs, français, hétéros, «de souche».

Nous sommes au-delà du discours nationaliste et de la pensée réactionnaire et identitaire de base. Sur les premiers murs du Québec et sur les fondements de son histoire, nous avons regardé s’exhiber les signes patents d’un fascisme d’un autre temps, absolu, hégémonique et laid. Très laid.

Le fascisme est une doctrine autoritaire qui considère la société comme un tout englobant, unique, uniforme et homogène qui ne peut être gouverné que par un régime autoritaire au nom d’un idéal collectif et nationaliste, voire racial.

Ça vous rappelle les pires abominations de l’histoire humaine? Ça vous fait peur? Ça vous dégoûte, vous révolte, vous décourage? Tout ça à la fois? Vous avez raison. Vous êtes sans doute un antifasciste. Un antifa. Parce qu’aucune personne sensée et raisonnable ne peut, en connaissance de cause, être en faveur du fascisme.

Il ne faut pas s’y méprendre. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. Tous ces groupuscules que nos médias ont l’habitude de qualifier d’extrême droite, d’identitaires ou d’ultranationalistes – La Meute, Storm Alliance, III%, Atalante, la FQS, les soldats d’Odin, etc. –, toutes ces factions portent en elles les germes funestes des idéologies fascistes et fascisantes, xénophobes, racistes et suprémacistes, totalitaires et despotiques. Dès lors, s’y opposer devient un acte foncièrement citoyen. Condamner ces groupes et se lever pour manifester contre eux est une forme de résistance. C’est une responsabilité et un devoir collectifs.

Il ne faut pas baisser les bras, parce que tout ceci n’est que le début. Il ne faut pas se décourager. Les prochaines élections provinciales seront le théâtre de nouveaux affrontements où on verra ces groupes fascistes essayer de se faire une place sur la scène politique québécoise. Il ne faudrait pas les sous-estimer. Ils ont commencé comme ça en Europe il y a quelques années. De petits groupes ont appris à surfer sur les vagues du mécontentement populaire envers les classes dirigeantes. Ils ont bâti des plateformes populistes, anti-immigration, xénophobes, nationalistes et réactionnaires. Et ils ont gagné un peu partout: en Autriche, en Hongrie, en France, en Allemagne, en Pologne, etc. Nous ne voulons pas vivre ça au Québec.

Je finis avec ces 44 arrestations «préventives» que la police de Québec a effectuées samedi dans les rangs des manifestants antifascistes. Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, était extatique. Quel travail extraordinaire.

Il y a là quelque chose d’extrêmement dérangeant, de quasi surréaliste. Les fascistes qui crachent librement leur haine. Les antifascistes qui se font arrêter parce qu’ils «étaient sur le point de commettre des infractions criminelles»… Non qu’ils en aient commis, des infractions, mais peut-être a-t-on cru qu’ils allaient en commettre. Surréaliste.

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