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La campagne électorale a fait largement écho aux valeurs québécoises que devraient respecter les immigrants. Outre que les débats donnent l’impression que les immigrants déjà admis ne respecteraient pas ces valeurs, ils laissent également entendre que ceux-ci ne seraient pas assujettis à ces valeurs.

Or, personne ne mentionne le fait que depuis mars 2015, les immigrants doivent signer une déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise. Quelles sont ces valeurs communes?

– Le Québec est une société libre et démocratique

– Les pouvoirs politiques et religieux au Québec sont séparés

– Le Québec est une société pluraliste

– La société québécoise est basée sur la primauté du droit

– Les femmes et les hommes ont les mêmes droits

– L’exercice des droits et libertés de la personne doit se faire dans le respect de ceux d’autrui et du bien-être général

– La société québécoise est aussi régie par la Charte de la langue française qui fait du français la langue officielle du Québec. En conséquence, le français est la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires.

Déclaration:

«Comprenant la portée et la signification de ce qui précède et acceptant de respecter les valeurs communes de la société québécoise, je déclare vouloir vivre au Québec dans le cadre et le respect de ses valeurs communes et vouloir apprendre le français, si je ne le parle pas déjà.»

Qui dit mieux? Les valeurs communes mentionnées dans la déclaration constituent un ensemble qui fait largement consensus. Peut-on aller au delà de cette déclaration? Peut-être, s’il existait au Québec d’autres valeurs qui rallieraient tout le monde. NON, si nous sommes en présence d’une pluralité de valeurs.

Jusqu’à présent, lorsqu’il a été question de valeurs québécoises, personne, à ma connaissance, n’a réussi à en établir une liste qui fasse consensus au delà de ce qui est présenté plus haut. Même la notion «culture majoritaire», au cœur de la notion d’interculturalisme, demeure vague. J’ai soulevé cette question dans mon compte-rendu du livre de Gérard Bouchard (L’interculturalisme, Boréal,  2012): «La première question que suscite l’interculturalisme tel que proposé par Gérard Bouchard concerne la définition des cultures majoritaire, minoritaire et commune.  S’agissant de cette dernière, on ne sait pas très bien de quoi il s’agit outre qu’elle doit s’exprimer en français. Pour le reste, la notion reste floue et difficilement identifiable. Gérard Bouchard le reconnaît d’ailleurs lorsqu’il affirme (p. 70) que les contenus de la culture commune «se prêtent mal à une définition précise de l’ordre de l’inventaire, hormis ceux qui sont inscrits dans les lois et dans la charte» (voir Cahiers québécois de démographie, 2013).

Pourquoi autant de difficultés à définir d’autres valeurs communes? Parce que la diversité en termes de valeurs ne s’explique pas uniquement par l’appartenance ethnoculturelle, mais aussi par la classe sociale, la profession, le genre ou l’habitat (rural-urbain). Le clivage le plus important pourrait bien être de nature intergénérationnelle. Chaque génération façonne sa mémoire à partir de ses expériences historiques propres.

Évidemment, signer une déclaration ne garantit pas le respect éventuel des valeurs fondamentales incluses dans la déclaration. Le non respect de ces valeurs demeure inadmissible pour tout le monde, y compris pour les non immigrants.

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