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Vous gelez au travail? C’est probablement, ça aussi, la faute du patriarcat.

Quand elle est apparue sur le tableau de bord des discussions de l’internet, la semaine dernière, par l’entremise de Petula Dvorjak, du Washington Post, la question du bureau trop froid pour les femmes, assez confortable pour les hommes, paraissait saugrenue. Une autre lubie des féministes qui voient dans l’homme l’ennemi en toutes circonstances.

Selon la chroniqueuse qui se basait sur une observation pas du tout scientifique de la vie au travail, la climatisation dans les bureaux semblait profiter davantage au confort des hommes en complet cravate, au détriment des femmes habillées de saison en été. «La climatisation est un autre complot sexiste!» concluait-elle avec un brin d’ironie.

Plusieurs femmes partageaient pourtant ce texte en y reconnaissant visiblement leur réalité. Des hommes déclaraient pour leur part baisser les bras devant cette nouvelle exigence du féminisme. D’autres se déclaraient eux-mêmes victimes des «grosses ménopausées» qui baissent sans cesse la température, ce qui a suscité la rédaction d’un deuxième texte de Petula Dvorjak.

La société impose ses diktats de beauté à la femme, mais dans certains domaines professionnels, comme le droit, la politique ou les affaires, il faut convenir que les hommes sont soumis à un code vestimentaire des plus stricts: le complet-cravate. Ce qui fait qu’on peut considérer les contraintes associées à l’habillement, en milieu professionnel du moins, équitables: elles sont chiantes pour tout le monde. Ceci étant dit, à contraintes égales, l’environnement, lui, semble encore être plus adapté à l’homme. Et il y a une raison à ça.

Une étude parue lundi dans la revue Nature climate change vient de donner raison à Petula Dvorjak ET de faire de la climatisation l’enjeu féministe de l’été 2015. Bon, on conviendra qu’il s’agit d’un enjeu de privilégiées sur l’échelle des grands enjeux féministes, reste que cette étude révèle que la température des bureaux EST trop froide pour les femmes et qu’elle est, en effet, conçue en fonction d’un standard masculin: un homme de quarante ans pesant 150 livres, pour être plus précise, un standard établi dans les années 1960. Les femmes seraient confortables à 25°C, les hommes à 22.

Il y a deux solutions simples à cette guerre des sexes: soit les femmes adaptent leur tenue comme elles le font déjà en apportant foulard et vestes de laine au travail, soit on modifie l’environnement de sorte que ce sont les hommes qui devront changer leur habillement ou crever de chaleur. Mais ce dilemme qui paraît sans issue compte aussi un autre enjeu de taille: l’environnement. Le chauffage et la climatisation constituent les requêtes énergétiques parmi les plus voraces. Selon un chercheur qui s’intéresse à la climatisation, plus on se rapprocherait de la température ambiante (moins chaud l’hiver, plus chaud l’été), plus on adopterait un habillement climatiquement responsable. En plus d’être plus favorable à l’environnement, réduire la climatisation économiserait des milliers de dollars aux entreprises (sauf aux fabricants de foulards, bien sûr) et réduirait même les erreurs au travail. Finalement, c’est pas tant un enjeu féministe qu’une question de gros bon sens.

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