Les agressions sexuelles qui ont été perpétrées le 31 décembre dernier en Allemagne en ont conduit plusieurs à se demander où sont les féministes lorsque les agresseurs sont des hommes issus de l’immigration. Même si ces dernières ont publié de nombreux textes, manifestes et tweets à ce sujet, la question demeure. Peut-être qu’en réalité, ce qu’on cherche à savoir, c’est pourquoi certaines féministes, tout en dénonçant les agressions à caractère sexuel, refusent de sombrer dans la xénophobie la plus énervée. Il serait tentant de répondre en demandant «Où sont les xénophobes lorsqu’il est temps de dénoncer la culture du viol?» Mais ce serait passer à côté d’une opportunité bien trop tenante.

En effet, ces événements, aussi dramatiques soient-ils, révèlent qu’un grand nombre d’alliés inattendus semblent vouloir se joindre à la lutte contre les agressions sexuelles, une offre que le mouvement féministe peut difficilement refuser. Voici donc, sommairement, une liste de tâches auxquelles devraient s’atteler tous ceux qui se sont découvert dans les derniers jours une nouvelle sensibilité à la condition féminine.

  • Vous informer au sujet de la culture du viol et la combattre dans votre milieu de travail, dans votre famille, au bar, dans les vestiaires, etc.;
  • Accepter de créer un frette durant les réunions familiales en protégeant les enfants d’un beau-frère aux mains baladeuses, quoi qu’en pensent les experts en étiquette;
  • Prendre le risque de passer pour la personne lourde et sans humour lorsque vous inciterez votre entourage à réfléchir au message véhiculé par une blague qui mise sur la drogue du viol comme levier humoristique;
  • Ne pas présumer qu’une femme qui s’habille sexy – peu importe ce que cela signifie dans votre esprit – a nécessairement envie d’avoir une relation sexuelle avec le premier venu;
  • Écouter les victimes d’agression sexuelle et résister à la tentation de croire que leurs témoignages sont motivés par un désir autre que celui d’obtenir justice. En dénonçant leurs agresseurs, les victimes s’exposent encore trop souvent à des jugements hostiles;
  • Militer contre les disparités économiques entre les hommes et les femmes, puisque la pauvreté est un facteur de vulnérabilité aux agressions sexuelles. D’autres facteurs de vulnérabilité comme le racisme, l’hétérosexisme, le sexisme ou n’importe quelle autre forme de discrimination sont également à combattre;
  • Retirer le mot «salope» de votre vocabulaire;
  • Cesser d’utiliser l’expression «nos femmes», comme dans la phrase : «Ils violent nos femmes.» D’abord, les femmes n’appartiennent à personne. Ensuite, s’intéresser aux victimes d’agression, c’est s’intéresser au sort de toutes les femmes, et pas exclusivement au sort de celles qui vous ressemblent. Une pensée spéciale pour les femmes autochtones, les immigrantes et les femmes racisées (victimes de discriminations diverses en raison de leur race), qui sont surreprésentées parmi les victimes de violence sexuelle;
  • Dénoncer les comportements harcelants des personnes de votre entourage et cesser de les relativiser par des phrases telles que «Marcel, c’est Marcel», ou encore de les excuser sous prétexte que l’agresseur «accomplit un excellent travail»;
  • S’intéresser aux agressions sexuelles toutes ces nombreuses fois où elles ne sont pas commises par des immigrants ou des réfugiés, c’est-à-dire, la plupart du temps.

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