Le PQ vient d’encaisser une solide paire de taloches en pleine tronche en fin de semaine. Vous avez vu les scores du dernier sondage*? Maintenant bon troisième dans les intentions de vote, en recul de 2 points depuis le mois de mars. Tirant de la patte par presque 10 points derrière un gouvernement libéral qui est pourtant très loin d’être populaire. Ainsi positionné dans le portrait, le Parti québécois vient de prendre une autre plonge vers le creux.

Là où ce sondage ne laisse planer aucune équivoque, c’est que le PQ doit absolument s’allier à une autre formation s’il veut conserver le moindre espoir de retoucher un jour au pouvoir. À gauche comme à droite, tant du côté de Québec solidaire que de la Coalition avenir Québec, on a confirmé que ça n’arrivera pas. Et, en toute honnêteté, qu’est-ce que ces deux partis auraient à gagner à s’allier au PQ? Ils sont déjà largement capables de faire tout seuls tout ce qu’ils pourraient faire en signant un pacte avec un nouveau partenaire. Donc…
En tendant la main à tout un chacun, le PQ s’est placé dans une position de quémandeur. Ce qui n’est pas très fort pour l’image de marque, on en conviendra…

À la vitesse où son inexorable glissade se poursuit, on peut se demander si la participation du PQ au prochain scrutin de 2018 ne sera pas celle de trop. Pas sûr qu’une ultime dégelée électorale serait la plus brillante des manières de fêter le 50e anniversaire de la fondation de ce parti qui fut jadis un grand parti. Ne croyez surtout pas que la chose soit impossible :
l’Union Nationale s’est tapé un enterrement semblable en passant du pouvoir à rien du tout en moins de trois ans au tournant des années 1970… Ce fut le prix à payer pour avoir essayé de survivre après avoir fait son temps.

Je ne dis pas que le Parti Québécois soit dépourvu de bons éléments qui pourraient contribuer de belle manière à la société québécoise, bien au contraire. Je crois seulement que ceux et celles-là devront éventuellement se trouver une nouvelle adresse.

Sans cause ni débat, ce parti est sans avenir.

* : Sondage Léger-Le Journal-Le Devoir du 20 mai 2017

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Quel est, selon vous, le fait saillant qui a marqué le début des fêtes du 375e de Montréal?  L’illumination du pont Jacques-Cartier? La longue marche des géants à ficelles? La grande manif de la police fâchée? Naaaaaah, oubliez ça, vous n’y êtes pas du tout. La grande perfo de la fête jusqu’ici, c’est la formidable leçon d’omniprésence que Gilbert Rozon est en train d’infliger à Denis Coderre. Tu ouvres la radio, c’est Gilbert qui parle. Tu allumes la TV, c’est Gilbert qui est en entrevue. Tu fermes la TV, c’est Gilbert qui est encore là! Ça commence à faire peur. Le combat est tellement inégal qu’il est permis de se demander si le maire n’en fera pas une dépression. On l’encourage à ne pas abandonner : c’est dans l’adversité que l’on remporte les plus grandes batailles.

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Vu: le forum télévisé Y a ben du monde à messe, animé par Christian Bégin le vendredi à 21 h à Télé-Québec. Après deux semaines, je suis déjà prêt à partager mon appréciation : j’aime beaucoup. Vive les talk-shows faits avec du monde qui a quelque chose à raconter plutôt que quelque chose à ploguer. Bien hâte à l’émission du 2 juin prochain où le romancier François Bugingo viendra casser la glace, plus de deux ans après être entré – par sa très grande faute – en hibernation médiatique. Vraiment hâte…

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Lu: Paul Buissonneau en mouvement, un portrait biographique de notre Monsieur Piccolo signé par Jean-Fred Bourquin. Le voici, le voilà, le livre que cet extraordinaire propagateur de culture méritait. Un homme venu d’ailleurs qui a littéralement réinventé le théâtre d’ici. En comprenant ce que nous étions et non pas en essayant d’imposer un moule qui ne nous ressemblait pas. Les témoignages – nombreux et pertinents – sont livrés par Yvon Deschamps, Andrée Lachapelle, Gabriel Arcand, Ginette Noiseux, Michel Tremblay, Denis Marleau et plusieurs autres. Hormis quelques allers-retours dans le temps qui peuvent parfois mettre le lecteur en déroute, on recommande la chose chaleureusement.

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