Vient un moment où, comme dirait l’autre, y faut c’qu’y faut. Parce que trop, c’est trop, parce qu’on en a jusque-là, parce que des fois, y a quand même bien des maudites limites! Libre à vous d’ajouter ici un autre cliché, celui qui vous convient le mieux…

En annulant pour de bon la course de Formule E à Montréal, la mairesse Valérie Plante a fait exactement ce qu’il fallait, c’est-à-dire faire triompher le bon sens en mettant en avant les intérêts de la population à laquelle elle est tenue de rendre des comptes. Mine de rien, si son prédécesseur avait le moindrement compris cet exercice pourtant fort simple, il serait probablement toujours en poste. Mais puisqu’il a préféré se lancer sur les chemins de l’obscurantisme, du je-me-moi et du anyway-vous-ne-comprendrez-pas, tant pis pour lui. C’est lui qui, un jour, aura à faire la genèse de ce lamentable échec. Parce que n’allez pas croire que Denis Coderre et ses partenaires n’auront pas à répondre éventuellement de leur «performance» quand on aura enfin complété le calcul de la grande addition et de la grande soustraction de cet invraisemblable gâchis.

J’ai comme un feeling que ça sera laid.

Quant aux coûts liés à la résiliation du contrat, on aura beau montrer du doigt le producteur de la course et vouloir prendre ses distances avec l’organisme Montréal c’est électrique (MCE), combien pariez-vous que la Ville devra forcément inscrire ça à son ardoise? Faudrait pas non plus reprocher à la mairesse d’ignorer la somme du montant nécessaire pour sortir de ce bourbier: elle n’en avait pas le choix. Quand on n’est même pas encore en mesure de savoir combien ç’a coûté pour y entrer, ça ne doit pas être plus simple de savoir combien il faudra allonger pour en sortir.
Y a pas à dire, on ne pouvait pas choisir meilleure manière de mettre Montréal sur la map…

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Dans un tout autre ordre d’idées, j’ai bien hâte de voir jusqu’où ira le dossier des dénonciations de toutes sortes qui nous ont fait voir une partie de l’enfer cet automne. Ça aussi, j’ai le sentiment que c’est loin d’être fini, rien qu’à voir ce qui se passe du côté des États-Unis. On lance de nouveaux noms, on étale du vieux caché et on crache ce qu’il y a à cracher. Souhaitons que le mouvement puisse continuer de la même manière ici. J’en profite pour souligner le travail des journalistes qui ont contribué à ce que des victimes puissent se sentir suffisamment en confiance pour se livrer aussi intimement. Mmes Néron et Perreault (du 98,5 FM) ainsi que Mmes Gagnon et Vaillet (de La Presse), je vous salue et vous remercie de ce que vous avez fait.
Avec le concours de ces journalistes, la solidarité des victimes aura finalement eu le dessus sur la puissance des abuseurs et des agresseurs. C’est une immense avancée. Pour 
tout le monde, hommes 
et femmes. Il sera d’ailleurs intéressant, au cours des prochains mois, d’entendre la voix des hommes qui auront eux aussi, à leur manière, subi d’autres types d’abus au fil du temps. Je le répète, tout ceci est loin d’être fini, croyez-moi.
L’année 2017 aura été une année charnière qui nous aura permis d’ouvrir toute grande la porte du placard où se cachaient une multitude de squelettes.
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Suggestion de sortie 
du temps des Fêtes : Enfant insignifiant!, la dernière pièce de Michel Tremblay, présentée jusqu’au 3 février chez Duceppe. Parce que c’est bien bon. Et parce que Guylaine Tremblay y est encore une fois parfaite. On salue au passage Henri Chassé 
et tous les autres membres 
de la distribution. Emmenez une tante ou un aîné qui s’emmerde seul chez lui 
et invitez-le à souper avant, ça va vous faire une saprée belle sortie.

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On se retrouve en janvier. Joyeux Noël et bonne année 2018: on vous aime bien plus que vous ne le pensez.
 XXX.

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