Josie Desmarais/Métro Gaétan Barrette

N’est-ce pas qu’il est beau, le portrait dans le domaine de la santé ces temps-ci? Des infirmières en larmes qui craquent sous la pression, des horaires ingérables qui rendent fou, des urgences qui débordent jusque dans le parking. Ajoutez à cela l’absence de forces fraîches pour prendre la relève, l’incapacité endémique de remettre la machine sur ses rails ainsi que l’impossibilité absolue d’améliorer les choses à court et à moyen terme et vous obtenez un futur qui s’annonce plutôt gris foncé. Fait à souligner, depuis la signature de la Confédération de 1867, c’est la première fois que deux médecins occupent simultanément les postes de premier ministre et de ministre de la Santé au Québec. Je dis juste ça de même…

Au moment où il devrait être en train de rassurer ses troupes, le ministre Gaétan Barrette – le suave – s’est une fois de plus braqué devant la grogne. C’est plus fort que lui. Placez-le face à n’importe quel problème, il va systématiquement emprunter la voie de l’affrontement. Comme leader, y’a pas à dire, le doc, c’est un champion. Gare à celui qui s’avisera de contester son titre, la réplique ne tardera pas à venir. Dans sa ruelle, notre Gaétan a appris qu’il était toujours mieux de fesser en premier. Rendu à son âge, on ne le changera pas.

Ne croyez pas que le PM Couillard soit blanc comme neige dans cette histoire, ça fait très bien son affaire de se tenir au-dessus de la mêlée pendant qu’un autre se tape la sale job. Un peu comme dans bon cop-bad cop, ça prend un bon et un méchant. L’appel au dialogue que Philippe Couillard a lancé au cours du week-end, vous me pardonnerez, mais très peu pour moi.

S’il était vraiment mal à l’aise avec la façon de procéder de son responsable de la Santé, il le dégommerait. J’ignore ce que Barrette a pu faire pour être ainsi protégé mais, à l’intérieur du cabinet Couillard, il semble y avoir un gouvernement Barrette. Qui agit selon son propre programme et qui avance à son propre rythme, c’est-à-dire à la vitesse d’un bulldozer. Avec la même finesse en bonus.

Dans sa ruelle, notre Gaétan a appris qu’il était toujours mieux de fesser en premier. Rendu à son âge, on ne le changera pas.

Quand j’entends Gaétan Barrette dire que la réforme est un succès, j’ai l’impression d’entendre un médecin qui essaie de rassurer un cul-de-jatte sur l’état de ses deux jambes.

Quand je l’entends reprocher aux infirmières de tenir un discours dégradant qui n’incitera plus personne à vouloir exercer leur profession, c’est un ouragan de mauvaise foi qui me siffle dans les oreilles.

Quand il banalise un manque d’effectif en qualifiant celui-ci de «circonstanciel», il méprise celles et ceux qui se sont rendus malades à la tâche pour son ministère. Plutôt que d’agir en bon père de famille, le bon docteur Barrette a une fois de plus choisi d’endosser la soutane du père Fouettard.

Plutôt que de prendre le temps de rassurer tout son monde et de faire montre d’un minimum d’empathie face à cette crise, Gaétan Barrette a choisi de tirer du lance-flamme pour éteindre le feu.

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Un disque: Nameless de Dominique Fils-Aimé. Une démarche singulière, un engagement intègre qui mène à un résultat musical totalement envoûtant. Beau comme une prière. Est-ce du jazz, de la soul, du negro-spiritual? Aucune idée et peu m’importe. Tout ce que je sais, c’est qu’en ce début du mois de février, je suis déjà certain que cet album fera partie de ma liste des coups de cœur de l’année 2018. On recommande sans la moindre réserve.

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Un show: celui de François Bellefeuille, le seul fou furieux au monde en pleine possession de tous ses moyens. On dit que le génie frôle la folie. Ben là, il rentre direct dedans! Brillant. Hystériquement brillant.

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Un mal élevé qui persiste et signe: Carey Price, qui rentre directement au vestiaire plutôt que de participer aux salutations au centre de la patinoire du Centre Bell après la victoire du Canadien dimanche après-midi.

Mettre autant d’effort pour se faire haïr, c’est quasiment admirable.

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Pour Jean-François Lisée, l’humour, c’est une affaire à temps plein. Quand il passe à la radio, il ne peut s’empêcher de faire des blagues. Et le reste du temps, quand il fait de la politique, c’est une vraie joke. Il est impayable.

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