Dans à peu près un an, vous serez appelés à choisir celui ou celle qui remplacera l’auguste Gérald Tremblay au poste de maire de Montréal. Qui, des candidats Coderre, Bergeron, Harel, Frulla, Madame X et Monsieur Y l’emportera, nul ne le sait… Ce qui est clair, c’est que la tâche qui attendra l’élu sera ardue, désagréable par grands bouts et que l’heureux héritier devra enfiler des gants de ménage et se boucher le nez plus d’une fois dans l’exercice de ses nouvelles fonctions. Personne ne sait combien il reste de merde accumulée dans les racoins de l’appareil municipal, même si tout le monde a une idée là-dessus. On finira bien par le savoir un jour, soyez sans crainte…

Raison de plus pour que le prochain maire de la ville s’en tienne au jeu de base, en mettant de côté tout projet d’envergure qui ne pourrait que le distraire de la vraie job qu’il y aura à faire. Parce que les services élémentaires qu’une ville doit offrir demeurent relativement simples. Ils sont même tellement simples qu’on a parfois tendance à les oublier. Ce qu’on demande à une administration municipale, qu’elle soit minuscule ou gigantesque, c’est d’assurer la propreté de son territoire, de dégager la voie publique pour favoriser la libre circulation de sa population et des marchandises, de réparer les infrastructures qui s’usent et, finalement, d’assurer la sécurité de tous à l’intérieur de ses limites géographiques. C’EST TOUTTE! Pour les grands projets de société et autres «labeaumeries» du genre, on peut toujours y penser, mais seulement quand le minimum essentiel a été assuré, pas avant.

Quand je les entends parler de grands projets rassembleurs, je me dis que ça serait peut être bon de commencer par rassembler les vidanges plus d’une fois par semaine, de rassembler la neige dans des camions 7 jours par semaine et 24 heures par jour – même si la tempête nous tombe dessus le samedi ou le dimanche – et de rassembler assez d’ouvriers qualifiés et bien encadrés pour réparer ce qui pète de partout. Quand on aura fait ça, là, on viendra nous parler d’éco-campagnes de compostage, d’érection de garde-fous pour les pistes cyclables et d’élimination de tronçons de rue pour unifier les deux terrains du parc Baldwin. En passant, à ce compte-là, on attend quoi pour réunir le parc Angrignon et le parc La Fontaine? On raconte qu’à l’ère précambrienne, ces deux parcs ne formaient qu’un immense terrain vague où il faisait bon vivre…

Qu’on se le dise tout suite, le mandat du prochain maire de Montréal devrait être d’une platitude épouvantable. Et ça sera tant mieux. Tant qu’il gardera les yeux sur les affaires courantes plutôt que de faire la belle en se promenant en Bixi, on pourra au moins avoir l’assurance qu’il sera minimalement au courant de ce qui se passe dans les bureaux à côté du sien…

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La semaine dernière, plusieurs sièges étaient libres lors du spectacle de Barbra Streisand au Centre Bell. À 530 $ pour le meilleur siège, rien d’étonnant. On n’en serait jamais arrivé là si on n’avait pas laissé les revendeurs corrompre le marché du divertissement depuis si longtemps. La limite de la capacité de payer du consommateur est atteinte. Et des situations comme ça, vous n’avez pas fini d’en voir, croyez-moi…

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Suite et fin de la chronique de la semaine dernière sur les bulldozers qui nous cochonnent la vie. En réponse à ceux qui prétendent que
les mots, ça fait pas mal :
oui, des mots, ça peut faire mal. Parfois même, très mal. Même si c’est de l’humour…

 

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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