Méfiez-vous toujours de ceux et celles qui s’inquiètent haut et fort de voir leur liberté d’expression mise en péril. Pourquoi? Simplement parce que les gens qui sont en réel danger de perdre leur voix au chapitre ne disposent généralement plus de tribune ni de clairon pour se manifester. Restent les autres. Les klaxons de l’opinion. Ceux-là, soyez sans crainte, il est absolument impossible de les manquer. N’essayez même pas de les fuir, ça sera peine perdue. Suffit d’être en vie pour les avoir dans les pattes. Couchés de travers dans le chemin pour être bien certains que vous ne pourrez même pas passer à côté. Et ça gueule et ça opinionne et ça se fait aller le point de vue…

Pour ces spécimens, la période des Jeux olympiques représente une terre fertile. Non mais quelle belle plate-forme pour étaler ses émotions et pour plaquer ses opinions n’importe où, n’importe quand et n’importe comment. Sur Twitter, sur Facebook ou sur tout autre forum de machin-truc à la n’importe quoi… On n’aime pas un analyste? BANG!!! Il devient instantanément – l’espace d’un «post» – le pire commentateur de tous les temps. Les athlètes russes en curling portent des culottes qui donnent la migraine? Re-BANG!!! On en parle comme s’ils pouvaient déclencher la 3e Guerre mondiale. Marcel Aubut prend un peu trop de place quand un athlète d’ici va chercher une médaille?   Hmmmm, O.K., ça, c’est quand même un peu vrai…

Cela dit, je n’ai rien contre l’expression de ses impressions. Au contraire, le méchant, c’est toujours mieux de le faire sortir. Là où j’ai de la misère, c’est que ça se pratique souvent en l’absence totale d’un quelconque argumentaire. Déclamé sur un ton sans appel en plus de ça. «Moi, j’aime pas ça parce que j’haïs ça bon.» Mais encore? «Pis c’est poche à mort!» Ah, O.K., vu comme ça…

Avez-vous aussi remarqué que le recours à la nuance est un concept qui a été tabletté depuis quelque temps? Tu es soit très-très-très-très pour ou alors très-très-très-très contre. Et entre les deux, rien. C’est exactement ce qui ne va pas dans le grand stampede de l’opinion. Pendant qu’on s’inquiète pour la sauvegarde de l’espace critique, on passe son temps à crier au loup en ne faisant aucune distinction entre l’important et le futile.

C’est quand on s’exprime de la sorte que ça me tombe sur la rate. Le monde est-il rendu trop sensible à tout?  Lui est-il devenu si difficile de faire la part des choses entre ce qui est grave et ce qui ne l’est pas? Moi, je vis plutôt mal là on l’on garde le canon toujours chargé pour tirer à vue comme à l’aveugle sur n’importe quoi.

Et si on se calmait…?

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J’ai attendu quelques jours avant de regarder SNL

Québec. Et je l’ai vu et revu une deuxième fois. Parfois drôle, parfois moins. Pareil comme le Saturday Night Live des New-Yorkais. Première observation à propos de l’équipe québécoise : une nouvelle génération d’humoristes vient de débarquer. Ils – et surtout elles – jouent fort bien. Voilà. J’ai hâte à la prochaine.

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Au tour de l’excellente comédienne canadienne Ellen Page de faire son coming out. Comme on l’écrivait ici même la semaine passée, bien content pour elle. Mais on le sera tellement plus le jour où plus personne n’aura à le faire…

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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