Paul Chiasson

«Ils me font honte, calv…!» C’est ainsi que j’ai conclu mon débat des chefs l’autre soir. En gueulant debout devant la tv, désemparé comme dans un isoloir quand on ne sait plus où tracer son X.

Qui a dit qu’on a les politiciens qu’on mérite? C’est faux, on mérite mieux que ça. En tout cas, mieux que ce que les chefs ont montré l’autre soir, ça, c’est certain. En même temps, je ne peux imaginer que nos leaders nous croient capables de gober un spectacle aussi désolant. Alors, où se fait la déconnection?

Au moment où la tribune était parfaite pour convaincre, «vendre» et expliquer son programme et ses idées, tous les chefs – même ceux qui ont le mieux paru – n’ont fait que recracher les cassettes préparées par leurs marketteux. Tous, sans exception, ont récité des formules qui puaient le préfabriqué. Abstraits et insignifiants comme des kits Ikea livrés sans plan de montage. Le reste de la soirée fut ponctué de quelques empoignades cacophoniques assez gênantes, merci. Comme si, hors des formules écrites à l’avance, il ne restait plus d’autre option que d’adopter une attitude de bum pour s’illustrer.

La preuve est maintenant faite : les débats télévisés, tels que proposés depuis toujours, ne servent plus à rien. Plutôt que de continuer à foncer dans le mur avec cette formule rendue pour le moins embarrassante, laissez-moi proposer une alternative.

Pendant 120 minutes, après avoir procédé à un tirage au sort en bonne et due forme, on convoque les chefs à tour de rôle et pour une même durée afin de répondre, sur des thèmes bien précis, aux questions préparées à l’avance par deux journalistes (le tandem formé de Patrice Roy et Yves Boisvert a bien fait ça, l’autre soir). Si les candidats se mettent à patiner plutôt que de répondre clairement, ça sera alors aux journalistes de s’organiser pour leur faire cesser leurs sparages. Ainsi, on éviterait de basculer dans le bordel ingérable avec lequel Anne-Marie Dussault fut prise l’autre soir. En complément de programme, si c’est ce que ça prend pour satisfaire les excités en mal de crêpage de chignon, tu conserves un 20 minutes de plénière afin de permettre aux candidats de se taper dessus à volonté.

Suis pas mal sûr que ça serait plus rentable pour tout le monde, en commençant par vous et moi. Parce que là…

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Vu : Moby Dick, adapté par le duo Bryan Perro – Dominic Champagne. Pari réussi. Je me suis revu, tout ti-cul, complètement tétanisé par le film mettant en vedette Gregory Peck lors d’une matinée du samedi au Cinéma Capri. On souligne le jeu magistral de Normand D’Amour (absolument convaincant dans le rôle du capitaine horriblement blessé au dehors comme en dedans), la musique de Ludovic Bonnier et une scénographie que l’on qualifiera de champagnesque. On demeure cependant pour le moins étonné par quelques envolées, ô combien pompeuses, et un drôle de décalage dans le niveau de langue de certains personnages. Mais, tout cela pondéré, c’est à voir, au TNM jusqu’au 17 octobre.

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Vu (2) : Matricule 728 à Tout le monde en parle. Encore sonné par ce qui semble être sa perception de l’ordre et son interprétation de ce qu’est le pouvoir. Dans les forces policières, elle ne doit pas être la seule à penser comme ça. Ça fait peur.

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