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Il y a de grandes peurs entourant l’intelligence artificielle (IA) et son application sans – ou presque – cadre juridique. L’IA a certes besoin d’être canalisée et dirigée dans la bonne direction, c’est-à-dire, celle qui prendra en compte l’entiereté de la population et qui comprendra son implication sociale. Il n’en reste pas moins qu’elle présente, à mes yeux, une formidable opportunité pour les femmes en technologie. Et ce, même si elles sont encore moins présentes qu’ailleurs dans l’industrie. Les femmes forment seulement de 13% à 15% de la main-d’œuvre spécialisée en IA. Explications.

La conférence L’intelligence artificielle en mission sociale, organisée par Valentine Goddard en janvier dernier, a presque connu la parité parmi ses intervenants: 20 femmes pour 17 hommes. J’ose dire que c’est un record dans une industrie où avoir le même nombre de femmes et d’hommes sur un panel est loin d’être une priorité. On peut penser que le genre de l’organisatrice y est probablement pour beaucoup, mais je souhaite y voir l’avènement d’une ère où on considérera la parité dans les évènements sur IA.

Un des plus importants consortiums du monde en IA a d’ailleurs une femme à sa tête. Le regroupement américain appelé Partnership for AI, formé d’Apple, Microsoft et Facebook, a vu le jour en 2017 afin de réfléchir aux bonnes pratiques de l’IA et d’en faire profiter toute la société. À sa tête, on trouve Terah Lyons, la conseillère spéciale en intelligence artificielle dans l’administration de Barack Obama. Elle a fait comprendre à ce dernier la nécessité d’embrasser l’intelligence artificielle afin de réellement changer le monde. Je précise que Terah Lyons n’a même pas encore 30 ans. C’est clairement un message envoyé au monde: les femmes ont définitivement leur place en IA.

Au Canada, plusieurs femmes occupent aujourd’hui un rôle de premier plan dans le domaine de l’intelligence artificielle.

  • Depuis 2017, la Québécoise Joëlle Pineau dirige le bureau d’intelligence artificielle de Facebook à Montréal. C’est le premier à être ouvert au pays.
  • La femme d’affaires, Hélène Desmarais, qui est également la fondatrice du Centre d’entreprises et d’innovation de Montréal, est la coprésidente de SCALE.AI, une supergrappe visant à propulser le Canada dans l’intelligence artificielle sur le plan international.
  • Natalie Cartwright, la cofondatrice de l’entreprise Finn.ai, participe au mouvement de l’intelligence artificielle appliquée à la technologie financière. En 2017, elle a été nommée Women of Distinction par le YWCA.
  • Anne Martel est cofondatrice de l’entreprise d’intelligence artificielle la plus connue du Québec: Element AI. Précédemment, elle a eu une belle carrière dans des startups médicales.
  • Carolina Bessega est la chef de la direction scientifique et cofondatrice de Stradigi.AI. L’astrophysicienne a travaillé pendant plus de neuf ans sur des projets internationaux axés sur l’intelligence artificielle. Elle a aussi 20 ans d’expérience en recherche en apprentissage automatique, ce qui comprend la vision par ordinateur, le traitement du langage naturel, l’augmentation de données et, plus récemment, les réseaux de neurones..

Plusieurs organismes s’assurent que les femmes sont bel et bien présentes dans le domaine de l’intelligence artificielle.

La création de l’organisme européen Women in AI, en 2017, vise à mettre de l’avant les femmes qui sont des expertes en intelligence artificielle dans le monde. L’organisme organise des ateliers et propose des noms d’expertes afin de siéger sur des panels et des conférences. Les fondatrices de l’initiative organisent également des voyages de découverte pour les jeunes filles afin de les initier à la technologie et éveiller leur intérêt.

AI4ALL est une association à but non lucratif qui vise à augmenter la diversité et l’inclusion en intelligence artificielle. Elle soutient des programmes éducatifs conçus pour exposer les jeunes à l’intelligence artificielle. Elle veut que l’intelligence artificielle soit développée par un large groupe de penseurs et d’acteurs, la faisant progresser au bénéfice de l’humanité. L’association est partenaire de grandes universités, telles que Stanford, Berkeley, Princeton ou même l’Université de Boston.

La chercheuse renommée Fei-Fei Li a contribué à lancer ce sujet, qui a d’ailleurs attiré l’intérêt de la technologiste, Melinda Gates. Une association qui ne peut être que prometteuse et qui permettra de mettre l’association sous les projecteurs.

Si vous êtes une femme ou que vous vous identifiez femme et que l’intelligence artificielle vous intéresse, Erika Leblanc, de l’organisme Canada en programmation organise un atelier le 21 avril sur l’initiation à l’IA. C’est gratuit, mais les dons sont acceptés.

 

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