«J’hésite entre le travail social et le droit.»  «J’aimerais être musicien, mais j’ai besoin d’un emploi stable qui me sécuriserait.» «Je visais la médecine, mais je n’ai pas les notes pour être accepté.» Voilà autant de questions déchirantes auxquelles les jeunes qui me consultent sont confrontés. On dit que choisir, c’est renoncer. Est-ce toujours le cas en orientation?

L’orientation, ce n’est pas un cheminement en entonnoir aboutissant à la profession qui nous correspond; c’est plutôt l’ouverture d’un éventail de possibilités pro­fessionnelles qui nous con­viennent. Pour bien s’orienter, il faut apprendre à mieux se con­naître et découvrir les nombreuses options en lien avec notre profil professionnel.

En effet, une démarche d’orientation consiste à approfondir sa connaissance de soi (sa personnalité, ses intérêts, ses aptitudes et ses valeurs) tout en découvrant plusieurs scénarios professionnels concordant avec son identité. Il faut bien sûr éliminer quelques chemins possibles et en prioriser d’autres. Mais comment renoncer à des options auxquelles on tient vraiment? Si on s’accroche à certaines options, c’est qu’elles sont importantes pour soi. Il s’agit alors de comprendre en quoi elles sont si importantes et de constater à quoi on renonce en les rejetant.

Reprenons un des exemples cités plus haut pour comprendre de quel type de renoncement il s’agit. «J’hésite entre le travail social et le droit» : ces deux options touchent des professions en sciences humai­nes. La première concerne la relation d’aide auprès de personnes qui vivent des crises majeures dont la résolution est relativement urgente; la seconde relève du conseil juridique, à partir de la connaissance des lois (Code civil, Code criminel, etc.) et implique la défense ou la protection des personnes. Ces deux professions se rejoignent sur quelques aspects : le travail social exige dans certains contex­tes une connaissance des lois (droit de la famille, droit criminel) et la capacité de témoigner de son expertise à la cour ou au tribunal.

Ainsi, choisir le travail social ne se traduit pas nécessairement par le renoncement à des dimensions législatives. Par ailleurs, l’aspect de la relation d’aide peut se retrouver en droit, en médiation familiale, par exemple. Il est donc possible de faire un compromis et de l’adapter à un milieu de travail qui répond à ses intérêts et à ses compétences particulières. Ici, la personne n’a pas à renoncer entièrement aux avantages de la profession qu’elle ne retient pas, elle tente de concilier ses intérêts.

Ainsi, il est rare qu’on doive renoncer à tous les aspects qui nous tenaient à cÅ“ur dans une profession qu’on ne peut finalement retenir. Il faut être créatif et voir comment peuvent s’exprimer nos talents dans un type d’emploi qui ne les laisse pas toujours entrevoir au premier abord. Il revient à chacun de gérer sa vie professionnelle et personnelle, et de s’accomplir le mieux possible. Quand j’étais pe­tite, je voulais devenir écrivain. Je suis plutôt devenue une conseillère d’orientation, et j’écris des livres et des articles dans mon domaine d’expertise.

Était-ce un renoncement ou plutôt un joli compromis?

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