TORONTO – Le cancer du poumon tue plus de Canadiens chaque année que n’importe quel autre type de cancer, mais reçoit beaucoup moins de dons de charité et de financement pour la recherche que d’autres cancers beaucoup moins meurtriers, affirme une organisation nationale.

Selon l’organisation Cancer pulmonaire Canada, le cancer du poumon est responsable de plus de 28 pour cent des décès liés au cancer au pays — soit plus que le cancer du sein, du côlon et de la prostate combinés —, mais ne reçoit que sept pour cent des fonds spécifiquement destinés à la recherche pour le cancer et 0,1 pour cent des dons de charité.

La docteure Natasha Leighl, oncologue au centre de traitement du cancer Princess Margaret de Toronto, estime que la raison pour laquelle le cancer du poumon reçoit si peu de considération est le stigmate associé au tabagisme, et la croyance erronée selon laquelle tous les cas de cancer du poumon sont une conséquence du tabagisme.

Mais la docteure Leighl souligne qu’au moins 15 pour cent des personnes atteintes d’un cancer du poumon n’ont jamais fumé et que certaines ont développé une tumeur par l’exposition au radon ou à d’autres cancérogènes industriels comme l’amiante. Et récemment, l’Organisation mondiale de la santé a identifié la pollution atmosphérique comme une cause majeure du cancer du poumon.

«En tant que personne qui travaille dans ce domaine, je suis toujours très surprise que les Canadiens appuient autant (la lutte contre) d’autres maladies liées au tabagisme comme les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, mais que le cancer du poumon porte tout le blâme associé au tabagisme», a affirmé l’oncologue jeudi.

«Je crois qu’il est important de réaliser qu’un nombre grandissant de personnes atteintes du cancer sont des gens qui fumaient quand ils étaient adolescents et qui ont arrêté très jeunes. Il y a de plus en plus de non-fumeurs atteints de cette maladie, cela affecte tous les Canadiens et (la lutte contre le cancer du poumon) mérite clairement l’appui de la population, peu importe la question du tabagisme.»

En fait, un Canadien sur douze risque d’être atteint du cancer du poumon dans sa vie, et cela s’applique autant aux fumeurs qu’aux non-fumeurs, souligne la docteur Leighl, qui est aussi présidente de Cancer pulmonaire Canada.

Environ 25 000 Canadiens reçoivent un diagnostic de cancer du poumon chaque année, et environ 20 000 en meurent annuellement, selon l’organisation, qui appelle à la mise en place d’un programme national de dépistage, à un accroissement du financement de la recherche et à un meilleur accès aux médicaments qui permettent de prolonger la vie.

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