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Éliminer les produits chimiques de notre quotidien

Photo: Getty Images/iStockphoto

Plus de 80 000 produits chimiques synthétiques seraient actuellement en vente libre au Canada. C’est ce que soutiennent Rick Smith et Bruce Lourie, leaders canadiens en environnement qui seront mercredi à la Maison du développement durable dans le cadre d’une conférence organisée par Équiterre et portant sur la façon de bannir les substances chimiques de notre consommation. Présents dans notre vie quotidienne, ces produits toxiques se retrouvent très facilement dans l’organisme, expliquent les deux hommes, auteurs de différents ouvrages sur le sujet. Coup d’oeil sur ces éléments nocifs.

Les pesticides sur les fruits et légumes
La grande majorité des pesticides ingérés par les Canadiens proviennent des fruits et légumes, soutient l’environnementaliste Rick Smith. Avec l’aide de son co-auteur Bruce Lourie, M. Smith a réalisé une expérience auprès de neuf enfants bénévoles, pour l’écriture de son livre Slow Death by Rubber Duck  (Mauvais petit canard, en français). Les jeunes volontaires ont mangé de la nourriture non-biologique pendant trois jours, puis ils ont reproduit l’expérience avec de la nourriture biologique. En analysant le niveau de pesticide dans leur urine chaque matin, les chercheurs ont constaté que la consommation de produits biologiques diminuait de 66% le niveau de pesticides dans leur organisme. «C’est très clair que la nourriture bio diminue beaucoup et rapidement le niveau de pesticides dans notre corps», clame M. Smith. Bien que les produits biologiques gagnent en popularité depuis quelques années, peu d’expériences ont pu appuyer l’idée que ce type de nourriture diminuait considérablement le niveau de pesticide dans le corps, se réjouit le chercheur.

Les nettoyants et produits de salle de bain
Que ce soit les produits nettoyants pour le bain, les cosmétiques, les savons et shampoings, ces accessoires du quotidien contiennent pour la plupart du parabène et du phtalate, soutient M. Smith. Ces éléments chimiques proviennent de «familles de produits assez nocifs liés au développement de différentes sortes de cancer», ajoute-t-il. «Ces produits comme les savons, les crèmes et cosmétiques sont faits pour être absorbés facilement par le corps. Les produits toxiques qu’ils contiennent ont donc tout autant de facilité à être absorbés par la peau», déplore le chercheur.

Pour analyser l’impact de ces substances dans le corps, deux bénévoles ont utilisé durant plusieurs jours des produits contenant du parabène et du phtalate, puis ont reproduit l’expérience avec des produits «verts» qui n’en contenaient pas. Les résultats présentés dans l’un des ouvrages de MM. Smith et Lourie démontrent que le niveau de phtalate dans le corps est 10 fois moins élevé lors de l’utilisation de produits non-toxiques. Quant au niveau de parabène, il est 67 fois moins élevé avec ces produits non-toxiques, soutiennent-ils.

Des compagnies reconnues comme Procter & Gamble, Johnson & Johnson, Wall Mart et Target ont annoncé dans les derniers mois qu’ils élimineront le parabène et le phtalate de la composition de leurs produits, rappelle M. Smith. «Dans 2 ou 3 ans, je suis confiant qu’on verra l’élimination totale de ces substances dans les produits de la salle de bain», annonce l’environnementaliste.

L’émanation des nouveaux meubles
«Vous savez quand vous avez une nouvelle voiture, l’odeur à l’intérieur est prononcée, ça sent le neuf, n’est-ce pas? Mais il y a plusieurs produits chimiques dans cette odeur», avance M. Smith.

Pour le vérifier, il s’est installé pendant plusieurs heures sur les sièges d’une voiture neuve. Le niveau de plusieurs produits chimiques avait augmenté dans son urine en l’analysant avant et après l’expérience. La benzine et le formaldéhyde sont notamment les plus présents dans les particules d’air de ces espaces restreints. «Donc, quand on fait de la peinture, quand on achète de nouveaux meubles ou un nouveau tapis, il faut être vigilant. C’est important d’acheter des produits moins toxiques», explique M. Smith, ajoutant que les consommateurs devraient regarder les étiquettes indiquant «low-VOC» (faible niveau de composé organique volatil). Certains magasins comme IKEA tentent actuellement d’éliminer ces composés organiques de leurs produits, indique M. Smith.

Effets sur le corps
Les médecins soutiennent que plusieurs des substances toxiques contenues dans les produits en vente libre sont liées au développement de certains cancers, et parfois même de l’asthme chez les enfants, rappelle M. Smith. Selon des données compilées par la Fondation David Suzuki, les parabènes contenus dans plusieurs produits de beauté sont notamment suspectés d’interférer avec les fonctions hormonales. «Des preuves en nombre limité suggèrent que les parabènes peuvent imiter l’oestrogène, la principale hormone sexuelle féminine (…) et pourraient également interférer avec les fonctions reproductrices mâles», indique un article sur le site de la Fondation. Ils ont également été détectés dans des tissus de cancer du sein humain.

La sueur, le meilleur traitement
«Plusieurs Canadiens ont pris la résolution de faire plus de sport en 2014. Ils seront heureux d’apprendre que c’est également le meilleur moyen d’éliminer certains produits toxiques de notre corps», assure M. Smith. Après une expérience de deux semaines où son collègue M. Lourie s’est rendu dans un sauna tous les jours, ils ont découvert que la transpiration était effectivement plus efficace que l’urine pour éliminer les BPA et le phtalate du corps humain.

Comment sortir les produits chimiques nocifs de nos vies
Mercredi 29 janvier à 12 h 30
À la Maison du développement durable
Salle St-Urbain (2e étage)

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