Jacques Boisonnot/La Presse Canadienne Gaétan Barrette

Après plusieurs semaines de négociations, le ministre de la Santé Gaétan Barrette et le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Louis Godin, ont annoncé lundi une entente par rapport au projet de loi 20.

Les mesures imposant des quotas de patients aux médecins de famille ne seront pas appliquées d’ici au 31 décembre 2017 même si le projet de loi, dont l’étude détaillée commence demain à l’Assemblée nationale, est adopté.

En contrepartie, la FMOQ s’engage à ce que 85% des Québécois aient accès à un médecin de famille d’ici la fin de ce délai. Cela correspondrait à la totalité des gens qui souhaitent en avoir un, selon un sondage commandé par le ministère en 2012. Selon les données de la Régie de l’assurance-maladie du Québec, environ 65% des Québécois sont officiellement inscrits auprès d’un médecin de famille.

Les médecins omnipraticiens s’engagent également à ce que 80% des visites des patients soient faits auprès de leurs propres médecins, ce qui les oblige à se rendre plus disponibles. Le ratio moyen actuel, nommé «taux d’assiduité», serait de 75%, selon Dr Godin. Cette promesse correspond à une exigence qui était prévue par le projet de loi 20.

Pour atteindre ces objectifs, Dr Godin mise sur l’élimination progressive des activités médicales particulières, par lesquelles les médecins sont obligés de pratiquer à l’hôpital, pour les ramener dans les cliniques. La gestion des effectifs médicaux doit aussi être révisés afin que les régions soient mieux desservies.

De son côté, le ministre promet de mettre en place diverses mesures pour assurer un environnement propice au suivi d’un plus grand nombre de patients. Cela inclut notamment l’accélération de l’informatisation des dossiers médicaux, la création de groupes de médecine familiale et la stimulation de la collaboration entre les différents professionnels de la santé.

Si les cibles ne sont pas atteintes en temps et lieu, les dispositions du projet de loi pourraient finalement être appliquées. «Mon rêve est qu’il ne s’applique jamais», a lancé le Dr Barrette. Le ministère et la FMOQ feront périodiquement un suivi de la situation en fonction de cibles intermédiaires.

Le projet de loi 20 comporte aussi des mesures touchant les médecins spécialistes et les services de procréation assistée, qui ne sont pas concernées par l’entente. D’ailleurs, le ministre a invité la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ) à «faire une réflexion et à voir la lumière comme l’a effectuée la FMOQ», ce qui a fait bondir la FMSQ. Sa présidente, Diane Francoeur, a rappelé par voie de communiqué que des négociations étaient en cours avec des représentants du ministre.

Insuffisant, selon l’opposition
Les partis d’opposition se sont globalement réjouis que l’imposition de quotas de patients aient été laissés de côté.

Le plan pour améliorer l’accès aux soins a toutefois été accueilli avec une certaine dose de scepticisme. «Le gouvernement est là depuis plus d’un an et n’a pas été capable d’apporter aucune amélioration, a commenté Diane Lamarre, porte-parole du Parti québécois en matière de santé. Il nous demande un acte de foi pour deux ans et demi supplémentaires.»

«Les gens ne veulent pas seulement être inscrits, ils veulent des soins plus accessibles. La majorité des gens qui attendent des soins sont inscrits auprès d’un médecin», a souligné Damien Contandriopoulos, professeur à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, en entrevue à RDI.

Les partis d’opposition et plusieurs observateurs ont aussi déploré que l’entente ne prévoit pas une révision du mode de rémunération des médecins, qui sont majoritairement payés à l’acte. «Le ministre rêve s’il croit que les médecins prendront plus de patients et que tout ça va se faire à coût nul!», a critiqué par courriel le député de Québec solidaire Amir Khadir.

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