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MONTRÉAL – Les Québécois ont toujours une relation saine à l’alcool, selon une vaste enquête CROP réalisée pour le compte d’Éduc’alcool et rendue publique mercredi.

Mais bien que l’organisme constate une légère baisse des problèmes d’alcool, il n’en déplore pas moins une certaine tolérance à la consommation excessive lorsqu’elle est occasionnelle et une crainte injustifiée face à la consommation régulière.

«Ça vient du vieux préjugé qui consiste à dire que quelqu’un qui boit tous les jours ou quelqu’un qui boit régulièrement, c’est un alcoolique, et que quelqu’un qui prend un coup de temps en temps, bof, c’est pas grave», a indiqué le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy.

Selon lui, il faut changer ces perceptions, qui sont aux antipodes de la vérité.

«Il va falloir faire valoir, au cours des prochaines années, que la modération est une règle qui ne souffre pas d’exception et que prendre un coup, ne serait-ce qu’une fois de temps en temps, c’est prendre un coup de trop», a-t-il martelé

À l’opposé, a-t-il poursuivi, «il va falloir qu’on dédramatise la consommation régulière — celle qui se situe à l’intérieur des limites de consommation à faible risque, évidemment».

Une autre source d’inquiétude pour Éduc’alcool se situe du côté de l’alcool au volant, même si le phénomène est moins répandu qu’autrefois. Il demeure toutefois un pourcentage d’irréductibles, alors que 6 pour cent des conducteurs ont avoué avoir conduit après avoir consommé de l’alcool au-delà de la limite permise.

M. Sacy attribue entièrement ce comportement au manque de barrages routiers.

«Les deux tiers des conducteurs considèrent qu’il y a peu ou pas de risque de se faire intercepter pour l’alcool au volant», a-t-il déploré.

Son organisme réclame donc à nouveau, comme il le fait depuis des années, un effort plus intense des policiers, car la sévérité des peines n’a aucun effet, selon M. Sacy.

«Tant que les gens auront la perception qu’ils ont plus de chances de gagner à la loterie que de se faire arrêter pour conduite avec les facultés affaiblies, quand bien même qu’on mettrait la peine de mort, ça ne changera rien dans les comportements», a-t-il dit.

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