1639. Trois religieuses sont envoyées de France au Québec pour «soigner les âmes et les corps». Une mission qui se trouve encore aujourd’hui au cœur d’un séjour au Monastère des Augustines.

Toutes les possessions des trois femmes, de même que le matériel nécessaire à l’établissement de l’Hôtel-Dieu de Québec – le premier hôpital en Amérique au nord du Mexique –, étaient contenus dans un coffre aux dimensions modestes. Il s’ouvrait à l’aide de trois clés différentes, pour représenter la solidarité dont devaient faire preuve Marie Forestier, Anne Le Cointre et Marie Guenet à leur arrivée dans la Capitale-Nationale. On peut le voir – il est très bien conservé – au musée du monastère.

Près de 400 ans plus tard, le Monastère des Augustines est devenu un lieu d’hébergement et un centre de «santé globale», où on mise sur le bien-être par l’alimentation et des pratiques comme le yoga ou des ateliers de gestion du stress. Des soins, telle la massothérapie, sont aussi offerts. En juillet dernier, le magazine National Geographic Traveler l’a désigné meilleur lieu de ressourcement du monde.

C’est un organisme sans but lucratif, qui réserve d’ailleurs une partie de ses chambres à prix modique aux proches de patients de l’Hôtel-Dieu ou aux aidants naturels qui ont besoin de repos et de ressourcement.

L’expérience
Toute l’offre du Monastère des Augustines vise à perpétuer la mission et les valeurs de ces religieuses, qui soignaient le Christ en soignant les malades, fait savoir la responsable du Développement touristique, Marie-Ève Perron. Il est important de préciser qu’un séjour au monastère ne revêt toutefois pas de caractère religieux.

L’apparence des lieux, restaurés et conçus par la firme d’architecture ABCP, mélange l’ancien et le moderne. Des détails, comme les portes des chambres «authentiques», qui sont d’une hauteur d’environ 173 cm, nous font plonger dans l’histoire en révélant que les religieuses devaient être toutes menues à l’époque! L’ambiance est au calme. Peu de décorations ornent l’espace, à part des œuvres d’art et des objets anciens.

Côté repas, on préconise une alimentation santé, mais sans dogme. Omnivores, végétariens et végétaliens sont bienvenus et comblés. Le petit-déjeuner se prend en silence, comme un clin d’œil aux pratiques des religieuses, qui prennent tous leurs repas sans parler.

Chaque jour, des activités sont offertes le matin, le midi et en soirée. Au moment de notre passage, l’activité du midi combinait des exercices de danse et de yoga.

Le musée
L’héritage des Augustines est mis en valeur dans un espace muséal très bien conçu et fort captivant pour quiconque s’intéresse à ce pan de l’histoire. Ces sœurs soignantes ont fondé, soit dit en passant, 12 hôpitaux au Québec.

Au fil des ans, elles ont accumulé quelque 40 000 objets et l’équivalent d’un kilomètre de documents et d’archives. De tous ces objets, environ 1 000 sont exposés dans des salles qui traitent des différents volets de la vie des religieuses. Outre le fameux coffre qui a accompagné les fondatrices jusqu’à Québec, on peut y voir, par exemple, un coffret de chirurgie qui aurait servi à soigner les blessés de la bataille des plaines d’Abraham.

L’exposition, fascinante, propose aussi des extraits vidéo où on voit les religieuses raconter leur vie au monastère. L’entrée au musée est comprise dans les forfaits d’hébergement. On peut aussi y accéder ($) sans séjour.

Hébergement
Le Monastère des Augustines offre deux types de chambres, qui ne contiennent ni télé ni téléphone. Le WiFi est cependant accessible gratuitement.

Les «authentiques» sont les anciennes chambres des religieuses. Elles offrent pour la plupart un lit simple (à l’image de celui des religieuses, mais d’un confort bien d’aujourd’hui!) et sont dotées d’un lavabo. Les salles de bains sont communes.

Les «contemporaines» sont des chambres rénovées offertes seulement en occupation double, et elles comprennent une salle de bains privée.

Changement de cap
Alors qu’elles étaient un peu plus de 200 à occuper le monastère dans les années 1950, les Augustines ne sont plus qu’une dizaine aujourd’hui, et leur moyenne d’âge est de 84 ans. Elles résident dans un bâtiment connexe – paraît-il qu’on peut les croiser de temps en temps ; ça n’a pas été notre cas. Devant le manque de relève, c’est dans les années 1990 qu’elles ont entamé une réflexion sur l’avenir de leur patrimoine.

La transformation du monastère a nécessité près de trois ans de rénovations et des investissements de 45 M$ de la part des gouvernements fédéral, provincial et municipal, en plus des investissements des Augustines elles-mêmes. Sa nouvelle forme a été inaugurée en août 2015.

Infos : 77, rue des Remparts, Québec
monastere.ca

Notre journaliste était l’invitée du Monastère des Augustines et de l’Office de tourisme de Québec

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