CALGARY — Les joueurs des Stampeders de Calgary auront tout l’hiver pour penser à la coupe Grey qui leur a échappé.

Le même jour où les joueurs du Rouge et Noir d’Ottawa participaient à un défilé dans les rues de la capitale nationale, leurs rivaux albertains essayaient encore d’accepter le fait qu’il ne s’agissait pas de leur défilé.

«Les deux dernières nuits, je me suis réveillé et j’ai pensé à des jeux qui auraient pu tourner différemment, et je me disais que nous avions toujours une finale de la Coupe Grey à jouer et à gagner», a confié le quart Bo Levi Mitchell mardi, au stade McMahon.

«Je ne cesse de revivre des jeux dans ma tête. Je joue à ‘qu’est-ce qui serait arrivé si…’», a ajouté le joueur de ligne à l’attaque Derek Dennis.

Largement favoris, les Stampeders ont subi un revers de 39-33, en prolongation, face au Rouge et Noir dimanche à Toronto.

La formation albertaine avait été bâtie pour tout gagner en 2016 et elle y est presque arrivée, comme le démontre son dossier de 15-2-1 en saison régulière. Mais elle n’a pas signé la victoire qui comptait plus que toutes les autres.

La défensive des Stampeders a concédé un total de 534 verges, un sommet en saison, et Mitchell a été victime de trois interceptions.

Mais le jeu qui a retenu le plus l’attention est survenu lors de la dernière séquence offensive des Stampeders en temps réglementaire, alors qu’ils tiraient de l’arrière par trois points et qu’ils étaient confrontés à un deuxième essai et les buts de la ligne de deux verges.

Au lieu de laisser Mitchell sur le terrain et lui permettre de tenter une passe dans la zone des buts ou une course — ou encore d’effectuer une deuxième remise consécutive à Jerome Messam — l’entraîneur-chef Dave Dickenson a choisi de faire confiance au quart-recrue Andrew Buckley.

Ce n’est pas comme s’il s’agissait d’une première. Buckley avait inscrit huit touchés lors de situations semblables durant la saison, et il avait même franchi la ligne des buts de la ligne d’une verge, au quatrième quart.

Mais Buckler a été plaqué une verge derrière la ligne de mêlée, les Stampeders ont dû se contenter d’un placement pour égaler le score, et ont perdu en prolongation.

«Les quarts du lundi matin agissent lorsqu’un jeu n’a pas fonctionné. Si le jeu a réussi, il est oublié, a noté Dickenson. Ce jeu en particulier n’est pas le point tournant du match, mais il laisse certains regrets.»

Le directeur général John Hufnagel, qui a confié les rênes de l’équipe à Dickeson cette année après huit saisons à la barre des Stampeders, n’a pas remis en question la décision de son entraîneur-chef.

«J’ai occupé cette position. Je comprends très bien pourquoi cette décision a été prise, a répondu le directeur général. Le seul point négatif, c’est que le jeu n’a pas fonctionné.»

Mitchell a fait remarquer que ses commentaires d’après-match ont été diffusés d’une telle façon qu’ils ont donné l’impression qu’il était en désaccord avec la décision de Dickenson. Mardi, les deux hommes ont insisté sur le fait qu’il n’existait aucune mésentente entre eux.

«Dave sait que je serai toujours derrière lui. Il est l’un des meilleurs entraîneurs-chef au football. Le ballon était dans mes mains en prolongation. Je n’ai pas su finir le travail.»

«Il a fallu plus qu’un seul jeu pour nous retrouver dans cette position, a renchéri Messam. Vous ne pouvez blâmer les entraîneurs. Nous ne nous sommes tout simplement pas présentés. Nous n’avons pas réussi à gagner.»

Les Stampeders ont aussi perdu une belle opportunité d’être reconnus comme l’une des meilleures formations de l’histoire de la LCF. Lorsqu’il repensera à 2016, Mitchell gardera un goût amer dans la bouche.

«Je pense que nous avons réalisé de grandes choses, des choses positives. Mais à la fin, nous avons perdu en finale de la coupe Grey contre une équipe qui avait affiché un dossier inférieur à ,500», a admis Mitchell.

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