Les athlètes féminines canadiennes se sont signalées aux Jeux de Rio, principalement à la piscine. La Québécoise Katerine Savard a été une des médaillées en natation. En entrevue avec Métro, elle a parlé de la difficile transition qu’elle a dû faire en 2016 et de ses succès inattendus.

Votre année ne s’est pas déroulée comme prévu, notamment parce que vous ne vous êtes pas qualifiée pour les Jeux de Rio dans votre discipline de prédilection, la nage papillon. À quel point cela a-t-il été difficile pour vous?
Je n’aurais jamais pensé que c’était possible, de faire ce que j’ai fait cette année. Je m’entraînais beaucoup pour la nage papillon, mais j’ai raté ma qualification. Cette portion de 2016 a été extrêmement difficile. Il y a eu des moments où j’ai voulu arrêter de nager. Ç’a été un gros deuil. On s’entraîne des années pour ça. J’étais troisième au monde. Mon but était d’aller chercher une médaille dans cette discipline.

Vous avez tout de même fait votre place au sein de l’équipe canadienne, et les choses ont plutôt bien tourné.
Faire l’équipe pour une autre épreuve a été un soulagement, mais si on m’avait demandé à ce moment-là quelles étaient mes attentes, je n’aurais pas su quoi répondre. Mais dans le fond, peut-être que c’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver en termes de résultats sportifs. Si je m’étais classée en papillon, tout se serait passé différemment. Je n’aurais pas pris part au relais du 200m, qui n’était qu’un plan B. Je ne me serais pas entraînée pour cela. Je ne me serais pas améliorée dans la discipline, et nous ne serions peut-être pas allées chercher cette médaille. C’est sûr que c’est une victoire d’équipe, mais si on enlève les secondes que je suis allée chercher pendant la course, on ne serait pas montées sur le podium. Rien n’arrive pour rien.

Est-ce que ces épreuves vous ont amenée à changer votre façon de voir le sport?
J’ai beaucoup appris cette année sur la pression qu’on se met sur les épaules et sur les attentes qu’on a envers soi-même. La performance nous amène à ça, mais souvent, en tant qu’athlète de haut niveau, on est difficile envers soi. Cette année, je me suis dit que j’allais m’amuser davantage, que je n’allais pas me mettre de pression et laisser arriver les choses. Je m’étais présentée aux essais olympiques en ayant peur de perdre.

Comment expliquez-vous les succès des athlètes féminines canadiennes aux épreuves de natation des Jeux de Rio?
Honnêtement, on ne s’y attendait pas du tout. Même les entraîneurs étaient surpris. Tout le monde rêve à un podium olympique, mais y croire réellement, c’est autre chose. Je pense que nous avions besoin d’une performance pour nous inspirer toutes. À Rio, ç’a été Penny [Oleksiak]. J’étais dans les gradins avec les autres nageuses quand l’équipe a gagné le bronze au relais 4x100m [dont faisait partie Oleksiak]. Je n’avais jamais été témoin de cela. En les voyant réussir, on s’est dit que c’était possible. Nous aussi nous voulions une médaille. Et le fait qu’on soit montées sur le podium nous a inspirées pour les Mondiaux en petit bassin de Windsor [qui ont eu lieu du 6 au 11 décembre]. Nous avons gagné l’or au 4x200m, et maintenant notre objectif est le record mondial. Vous avez beaucoup côtoyé Penny Oleksiak, qui a été nommée Athlète canadienne de 2016 à seulement 16 ans, aux Jeux de Rio et aux Mondiaux de natation en petit bassin, en décembre.

Comment est-elle comme athlète, comme coéquipière?
Elle est tellement impressionnante. Elle a des aptitudes physiques incroyables, et mentalement, elle est plus forte que n’importe qui. Elle veut gagner. Elle sait ce qu’elle fait. Ses capacités physiques sont étonnantes; elle est, par exemple, capable de terminer ses courses sans respirer dans les 20 derniers mètres. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça. Nous, ça nous motive. On sait qu’elle va nous aider à atteindre un autre niveau dans les relais. Ça nous pousse à aller encore plus vite.

«Tout le monde rêve à un podium olympique, mais y croire réellement, c’est autre chose.»

Sur une lancée

Katerine Savard a poursuivi sur sa lancée des Jeux de Rio aux Mondiaux de natation en petit bassin, présentés du 6 au 11 décembre à Windsor. La Québécoise a terminé la compétition avec trois médailles, dont une d’or au relais 4x200m, épreuve où elle avait décroché le bronze à Rio avec ses coéquipières quelques mois plus tôt. Elle a aussi battu le record canadien au 50m papillon, en plus de prendre part à 16 finales, une marque canadienne. «Je peux dire que c’est une de mes meilleures compétitions internationales à vie», a-t-elle affirmé.

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