SAN DIEGO — Les Chargers n’ont pas mis de temps à se décider. Quelques heures seulement après que l’équipe eut obtenu deux jours de plus pour se prévaloir de l’option de déménager à Los Angeles, l’équipe a quitté San Diego.

L’organisation avait convoqué ses employés pour 8 h, heure locale, jeudi matin, (11 h, heure de Montréal). Quelques minutes plus tard, le logo de l’équipe — les lettres «LA» ornées d’un éclair, qui ressemble à un amalgame des logos des Dodgers de Los Angeles et du Lightning de Tampa Bay — a été modifié sur son compte twitter et une lettre du propriétaire, Dean Spanos, confirmant le déménagement a été mise en ligne.

«Après y avoir longuement réfléchi, j’ai pris la décision de déménager les Chargers à Los Angeles à compter de la saison 2017, y écrit Spanos. San Diego a été notre résidence pendant 56 ans. La ville fera toujours partie de notre identité, et ma famille et moi n’éprouvons que de la gratitude à l’endroit de l’appui et de la passion que nos partisans ont démontrés au cours de toutes ces années.»

Les Chargers avaient disputé leur toute première campagne, en 1960, à Los Angeles avant de déménager à San Diego.

Pour les deux prochaines saisons, soit en attendant que le nouveau domicile des Rams soit bâti à Inglewood, où ils seront locataires, les Chargers évolueront au StubHub Center, domicile de 27 000 places du Galaxy de Los Angeles, de la Major League Soccer, situé à Carson, selon USA Today.

Par communiqué, le commissaire de la NFL, Roger Goodell, a louangé les efforts de la famille Spanos afin de garder l’équipe à San Diego.

«Ce travail (…) reflète notre croyance profondément ancrée que nous devons toujours faire tout ce qui est possible afin de garder une franchise dans sa communauté. C’est pourquoi le processus qui mène à une telle décision est si réfléchi.

«La relocalisation est éprouvante pour les clubs et leur communauté, a-t-il poursuivi. C’est particulièrement douloureux pour les partisans. Ceux de San Diego ont été loyaux pendant plus de 50 ans, ce qui fait en sorte que c’est encore plus décevant que nous n’ayons pas pu régler ce problème de stade. Aussi difficile soit cette nouvelle pour les partisans des Chargers, je sais que Dean Spanos et sa famille ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour trouver une solution viable à San Diego.»

De son côté, le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, a souhaité la bienvenue au Chargers.

«Los Angeles est l’une des plus grandes villes de sports au monde, a déclaré par communiqué celui qui doit rencontrer Spanos plus tard jeudi. Les équipes championnes et les athlètes légendaires ne sont pas que des souvenirs ici, ils sont tissés dans l’histoire de notre ville. Aujourd’hui, nous retrouvons une importante part de cette histoire alors que les Chargers reviennent à Los Angeles.»

Franklin surpris, fans furieux

Les réactions n’ont évidemment pas tardé, dont celle du Canadien Orlando Franklin, un porte-couleurs des Chargers, qui n’a pas caché son étonnement à la suite de la décision de l’équipe.

«Je sais que j’ai été sidéré, a déclaré le garde offensif à des journalistes jeudi. J’étais persuadé que nous allions demeurer ici.»

Originaire de la Jamaïque mais ayant grandi à Toronto, Franklin s’est joint aux Chargers à titre de joueur autonome après quatre saisons passées avec les Broncos de Denver. Âgé de 29 ans, Franklin a signé un contrat de cinq ans avec les Chargers en mars 2015, d’une valeur globale de 36,5 millions $, et a acheté une maison à San Diego l’année dernière.

«C’est malheureux de voir l’équipe déménager, mais j’accueille ce nouveau départ. Au moins, nous savons exactement ce qui se passe… Nous pouvons planifier avec nos familles et mettre les choses en marche de ce côté.»

Comme il fallait s’y attendre, plusieurs partisans de l’équipe ont réagi négativement à la nouvelle, certains allant même jusqu’à mettre le feu à des fanions et objets-souvenirs associés aux Chargers.

Joseph McRae brandissait une affiche sur laquelle était écrit: «Alex Spanos n’aurait jamais quitté SD! Vous nous avez laissé tomber, Dean.»

Alex Spanos a cédé le contrôle de l’équipe à son fils Dean il y a plusieurs années.

«C’est vraiment un jour sombre dans l’histoire du sport à San Diego», a affirmé McRae, vêtu d’un chandail des Chargers.

Âgé de 30 ans, McRae dit avoir commencé à assister aux matchs des Chargers alors qu’il n’avait que sept ans.

«De septembre à décembre, les dimanches, c’était le football. C’est tout ce qui importait.»

Franklin dit comprendre leur réaction.

«Ils ont le droit d’être en colère. Ils ont été ici pendant les 55 dernières années; n’importe qui serait en colère.

«Ça ne sera pas si facile et ils ont de nombreuses raisons d’être en colère. Mais je comprend ce que Dean et John ont fait. Je suis un joueur et je joue pour eux. Je vais aller à l’endroit où on me dit d’aller.»

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