Archives Métro Patrick Carpentier

MONTRÉAL — À première vue, il peut sembler étonnant qu’un pilote comme Patrick Carpentier, qui a fait l’apologie tout au long de sa carrière des moteurs à essence, de leur bruit assourdissant et des émanations de dioxyde de carbone, soit le porte-parole du Grand Prix de Formule E de Montréal, qui se déroulera les 30 et 31 juillet prochains dans les rues de la métropole.

Le Québécois âgé de 45 ans le concède, il doutait sérieusement au départ de la crédibilité de cette série entièrement électrique, qui en est à sa troisième saison d’existence. Après tout, les pilotes doivent changer de bolides à la mi-course puisque les batteries sont complètement déchargées, et ils n’émettent pratiquement aucun bruit.

«Pour être bien franc, j’ai toujours été un gars ‘à gaz’, et lorsqu’elle a été lancée (la série), je n’étais pas particulièrement emballé, a-t-il convenu lors d’un entretien téléphonique jeudi matin. Mais tout a changé au cours de la dernière année, avec le développement exponentiel de la technologie. Et ç’a piqué ma curiosité.

«J’étais en train de monter une vieille Volkswagen Beetle dans mon garage, et je me frottais les mains en me disant qu’elle allait pouvoir générer 400 à 450 chevaux vapeur (HP). Sauf qu’en allant surfer sur internet, par hasard, je suis tombé sur la vidéo d’un gars qui avait modifié sa Beetle avec un moteur électrique. Il faisait le 0-100 km/h en 1,2 seconde! Une affaire de fou! C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser à la série.»

La saison 2016-17 de FE est déjà vieille de deux courses, et c’est l’équipe Renault qui domine avec 74 points — soit plus du double (36) de ses deux plus proches rivales, l’Allemande ABT Schaeffler Audi Sport et l’Indienne Mahindra Racing. L’ex-pilote de F1 Sebastian Buemi domine provisoirement le classement des pilotes, parmi lesquels ne se trouve aucun représentant de l’unifolié.

La campagne comprend 12 étapes, et elle culminera avec la présentation des 11e et 12e courses dans les rues de la métropole l’été prochain — à l’occasion du 375e anniversaire de Montréal. Selon Carpentier, la tenue du Grand Prix de F1 du Canada le mois précédent n’aura pas d’impact sur la popularité de l’événement, malgré la présence de Lance Stroll, le premier Québécois en F1 en 20 ans.

«Je veux être clair là-dessus: on ne remplacera jamais la F1, a d’abord étayé celui qui a couru dans les séries Formule Atlantique, CART, Champ Car, IRL et NASCAR au fil de sa carrière. Ce n’est pas le même sport, et ça n’attire pas la même clientèle que la F1.

«La FE, c’est vraiment court; chaque course se déroule sur une seule journée. De plus, ça ne coûte pratiquement rien; il y a des billets en vente à partir de seulement 32 $, a-t-il poursuivi. Et ça se déroule beaucoup dans l’univers virtuel. Par exemple, les amateurs peuvent voter sur Facebook et Twitter, entre autres, afin de choisir les trois pilotes qui obtiendront plus de puissance motrice en deuxième moitié de course. Je vois donc les courses de F1 et de FE comme étant complémentaires, et non concurrentes.»

Un volant en FE?

Celui qui est maintenant analyste en sport automobile au Réseau des Sports (RDS) s’attend à des courses enlevantes sur ce circuit de 2,75 km, qui sera composé de 14 virages et se faufilera le long de la rue Viger Est, en passant devant la Maison de Radio-Canada.

«Selon moi, le virage no 1, au bout de la longue ligne droite de départ-arrivée, sera très propice aux dépassements, a identifié Carpentier. La clé, en FE, c’est vraiment la gestion des voitures au freinage, parce que plus la batterie se décharge, plus la demande de recharge est importante — et en conséquence les roues arrière risquent de bloquer, entraînant de l’instabilité et des risques d’accrochage. Je n’ai pas de mérite, c’est le pilote Oriol Servia qui me l’a expliqué.»

Le vieux routier admet aujourd’hui avoir eu la piqûre de la FE, et a ajouté qu’il ne détesterait pas un jour se retrouver derrière le volant d’un de ces bolides électriques. Carpentier souligne d’ailleurs qu’il est en pourparlers avec la série afin d’effectuer des essais en marge des courses montréalaises de l’été prochain, «mais seulement dans un but promotionnel», précise-t-il. Alors, pourrait-on un jour le voir derrière un volant en FE?

«Le calibre s’est vraiment raffiné depuis trois ans, et il est maintenant beaucoup trop élevé, a convenu celui qui a annoncé sa retraite le 6 juillet 2011, à l’issue d’une course sur le circuit Gilles-Villeneuve en série Nationwide. Il y a des champions de GP2, de F3, de DTM et d’ex-pilotes de F1 au sein du peloton, bref ils sont tous hyper rapides. Je crois que je suis mieux dans mon poste d’analyste à RDS.»

Aussi dans Sports :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!